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D’où viennent nos Églises protestantes ?

Une histoire de filiations, de réveils, de débats et de foi.

Des premiers témoins aux familles protestantes d’aujourd’hui, un parcours visuel pour comprendre leurs origines, leurs différences et leur héritage commun.

Une question sur la Bible ?

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Avant d’entrer dans l’histoire

Comprendre le projet et choisir son chemin

Cette introduction présente mon intention, quelques repères de lecture, le fil biblique qui guide le récit et la prudence nécessaire pour lire ses filiations historiques.

Avant-propos

Pourquoi ce site

Je suis protestant évangélique et, pendant longtemps, j’ai eu du mal à situer ma propre Église dans l’histoire. D’où vient-elle ? Quelles sont ses « cousines » ? Pourquoi existe-t-il tant de noms différents pour désigner des Églises qui partagent pourtant une même foi en Jésus-Christ ?

Les ouvrages sur le sujet ne manquent pas, mais ils sont souvent denses, parfois anciens, et rarement pensés pour le grand public. J’ai donc voulu rassembler, en un seul endroit, gratuitement et simplement, les éléments essentiels pour comprendre d’où viennent les Églises protestantes, ce qui les distingue et ce qui les unit.

Ce site est le dossier que j’aurais aimé trouver.

Il s’adresse au catholique ou à l’incroyant qui se demande ce que signifie le mot « protestant », comme au croyant qui connaît la Bible, mais connaît encore peu l’histoire de son Église.

Chacune de ces Églises possède une mémoire particulière, marquée par les persécutions, les réveils spirituels, les débats et les divisions,mais aussi par la foi et le courage d’hommes et de femmes qui ont voulu remettre la Bible entre toutes les mains, la traduire dans toutes les langues et permettre à chacun de la lire et de l’étudier.Raconter cette histoire, c’est transmettre leur mémoire et honorer le témoignage qu’ils nous ont laissé.

Si ce site donne à quelqu’un l’envie d’ouvrir la Bible, de mieux comprendre cette foi ou de pousser la porte d’une Église, alors il aura pleinement atteint son objectif.

Ce parcours est fait pour être corrigé et enrichi : si vous relevez une erreur ou une omission, dites-le.

Le fil conducteur

Près de vingt siècles pour accomplir une promesse

Le parcours commence au Ier siècle par sept jalons préparatoires ; la frise détaillée des familles protestantes commence en 1170 avec Pierre Valdo. Vers l’an 33, Jésus ressuscité confie à ses disciples une mission. Les vaudois, la Réforme, les réveils et les Églises évangéliques d’aujourd’hui s’inscrivent ensuite, chacun à leur manière et à leur époque, dans cette histoire. C’est ce fil qu’il faut garder en main pour parcourir les 49 pages.

« Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

« Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

À propos de . Ce verset appartient à la finale longue de Marc (16.9-20), reçue dans la tradition de nombreuses Églises mais absente de certains manuscrits anciens ; plusieurs traductions modernes le signalent. Il est mentionné ici en toute transparence, aux côtés de et d’, et non comme l’unique fondement du mandat missionnaire.

Sept jalons avant la frise

Entre la Pentecôte et Pierre Valdo, la promesse n’a pas attendu : l’Évangile a déjà traversé l’Empire romain, la Gaule, les îles britanniques, la Germanie et le monde slave.

Ier siècle → 1170
v. 33 Jérusalem La Pentecôte : la promesse d’ commence à s’accomplir.
v. 50-60 Méditerranée Les voyages de Paul portent l’Évangile d’Antioche jusqu’à Rome.
177 Lyon Les martyrs de Lyon : une des premières communautés attestées en Gaule.
325 · 381 Nicée, Constantinople Nicée affirme en 325 la pleine divinité du Fils ; le symbole adopté à Nicée est élargi et précisé à Constantinople en 381. Il devient le principal repère trinitaire commun.
597-723 Cantorbéry, Germanie Augustin évangélise l’Angleterre, Boniface les pays germaniques.
863 Moravie Cyrille et Méthode traduisent l’Écriture en langue slave.
v. 1170 Lyon Pierre Valdo : la frise détaillée commence ici.

En image, le deuxième jalon, premier accomplissement de la promesse : au cours de trois voyages missionnaires, puis d’un dernier voyage vers Rome comme prisonnier, Paul contribue à fonder des Églises de la Syrie à l’Italie. Ses routes sont le modèle de toutes celles que les cartes de ce dossier suivront ensuite, de Wittenberg à Yaoundé.

Carte du ministère de Paul dans le monde du Ier siècle, montrant ses trois voyages missionnaires et son chemin vers Rome
Reconstitution cartographique moderne d’après la carte « Paul’s Journeys » (no 18) des Open Bible Maps de Biblica, Inc. (© 2023-2026), sous licence CC BY-SA 4.0. Modifications : carte redessinée (style, couleurs, typographie), titre et libellés adaptés ; elle est diffusée sous la même licence. The original work by Biblica, Inc. is available for free at www.biblica.com and open.bible.

Un détail qui dit tout : la même ville, Lyon, voit les premiers martyrs de Gaule en 177 et les premiers vaudois mille ans plus tard. Rien ne recommence jamais de zéro.

Trois siècles et demi séparent Valdo de Wittenberg. Ce que les précurseurs avaient porté, parfois au prix de leur vie, Luther, Zwingli et Calvin vont l’obtenir à l’échelle de peuples entiers.

Les pères du protestantisme

Martin Luther1483-1546Lire sa fiche
Ulrich Zwingli1484-1531Lire sa fiche
Jean Calvin1509-1564Lire sa fiche

Ce qu’ont fait Luther, Zwingli et Calvin

Trois hommes, trois pays, une même conviction : l’Écriture avant l’institution. En un quart de siècle, ils font passer une protestation intérieure à l’Église romaine à l’état d’Églises organisées, dotées d’une confession de foi, d’une liturgie et de pasteurs formés.

Martin Luther

1483-1546 · Wittenberg, Saxe

Moine augustin et professeur de théologie. Le 31 octobre 1517, ses quatre-vingt-quinze thèses contestent le commerce des indulgences ; l’imprimerie les répand dans toute l’Europe en quelques semaines. Sommé de se rétracter devant l’empereur à la diète de Worms en 1521, il refuse. Réfugié à la Wartburg, il traduit le Nouveau Testament en allemand (1522), puis la Bible entière (1534). Des traductions allemandes existaient déjà, mais la clarté et la diffusion exceptionnelle de la sienne élargissent considérablement l’accès direct au texte biblique. Sa découverte tient en une phrase — le salut est reçu par la foi, comme un don, non gagné par les œuvres.

De lui viennent les Églises luthériennes.

Ulrich Zwingli

1484-1531 · Zurich

Prêtre et prédicateur au Grossmünster à partir de 1519, il commente l’Écriture livre après livre, du premier verset au dernier, et fait retirer du culte ce que la Bible ne prescrit pas : images, orgues, messe. Plus radical que Luther sur certains points, il rompt avec lui au colloque de Marbourg en 1529 : pour Zwingli, la Cène est un mémorial et non une présence réelle. Il meurt à la bataille de Kappel en 1531.

De lui vient la branche réformée suisse. À Zurich, plusieurs de ses proches — Conrad Grebel, Felix Manz —, jugeant la réforme trop lente, rompent avec lui sur le baptême des enfants et baptisent des adultes dès 1525 : ce noyau est l’un des premiers foyers organisés de l’anabaptisme.

Jean Calvin

1509-1564 · Noyon, puis Genève

Français, juriste de formation, exilé pour sa foi. En 1536, à vingt-six ans, il publie l’Institution de la religion chrétienne, premier exposé d’ensemble de la foi réformée ; il la traduira lui-même en français en 1541, faisant de sa langue une langue de théologie. À Genève, il donne à l’Église une organisation durable — pasteurs, docteurs, anciens, diacres — et fonde en 1559 une Académie qui formera des pasteurs pour toute l’Europe, dont beaucoup repartiront évangéliser la France au péril de leur vie.

De lui viennent les Églises réformées, dont les huguenots français.

Aucun des trois ne cherchait à fonder une dénomination au sens actuel. La rupture avec l’Église catholique prit cependant des formes différentes : excommunication de Luther en 1521, adoption civique progressive de la Réforme à Zurich, séparation de Calvin d’avec l’Église catholique en 1534. Les familles décrites dans ce dossier naissent de ce mouvement — le plus souvent après leur mort, parfois en désaccord avec eux, toujours en revendiquant la même autorité : celle de l’Écriture.

Trois repères pour ne pas se perdre

La Réforme « magistérielle » (Luther, Calvin, l’anglicanisme) réforme des Églises de territoire, appuyées sur les autorités civiles : l’appartenance à l’Église y va de pair avec le territoire et le baptême des enfants. La Réforme « radicale » (anabaptistes, 1525) donne au XVIe siècle une forme institutionnelle durable à l’Église de professants : on y entre par une foi personnelle, marquée par le baptême du croyant. Les réveils (piétisme, méthodisme, Réveil de Genève, pentecôtisme) rallument périodiquement la flamme de la conversion personnelle à l’intérieur des deux modèles. L’évangélisme français actuel est né de la rencontre de ces trois courants.

Ces trois repères — deux modèles d’Église (de territoire, de professants) et un phénomène qui les traverse (les réveils) — suffisent à lire toute la frise. Voici pourquoi on en a besoin.

Quatre pièges à éviter

Quatre pièges reviennent dans toute histoire du protestantisme. Les connaître d’avance suffit le plus souvent à les éviter.

  1. Les mots changent de sens. « Évangélique » signifie « fidèle à l’Évangile », donc luthérien, en 1520 ; aujourd’hui il nomme une famille d’Églises. « Réformé » désigne à la fois le mouvement du XVIe siècle et une dénomination française actuelle. Le glossaire des mots tranche à chaque fois.
  2. Les filiations ne forment pas un arbre. Les familles s’empruntent : le méthodisme nourrit le pentecôtisme, qui revient ensuite dans des Églises réformées par le renouveau charismatique. D’où le premier repère : raisonner en deux modèles d’Église plutôt qu’en branches séparées.
  3. Les réveils reviennent. Piétisme, méthodisme, Réveil de Genève, Azusa Street : le même ressort ressurgit à quatre siècles de distance. D’où le troisième repère : un réveil n’est pas une nouvelle famille, c’est un phénomène qui traverse les familles existantes.
  4. Beaucoup de noms, beaucoup de sigles. Vingt-quatre figures et une vingtaine de sigles jalonnent le dossier. La galerie des visages (pages 12 à 16) et le glossaire sont là pour qu’on ne les confonde pas.

Deux pièges tiennent au vocabulaire, deux à la manière de se représenter l’histoire : le glossaire répond aux premiers, les trois repères aux seconds.

Code couleur des familles

  • Histoire générale, pouvoir civilPierre Valdo, Wycliffe, Jan Hus
  • Réformés et luthériens (huguenots)Jean Calvin, Antoine Court
  • Anabaptistes, mennonites, baptistesMenno Simons, John Smyth
  • Libristes et assemblées de FrèresFrédéric Monod, J. N. Darby
  • Moraves, méthodistes, réveilsJohn Wesley, Robert Haldane
  • Pentecôtistes et charismatiquesDouglas Scott, Clément Le Cossec
  • Structures communesFPF 1905, CNEF 2010
  • Millérisme et adventismeWilliam Miller, Ellen White
Le code couleur des huit familles, repris en grand format à la page 11. Cliquez sur un portrait pour ouvrir la fiche de la famille correspondante.
Animation · en un coup d’œil

La frise en mouvement

Huit fils de couleur organisent les repères historiques du parcours. Le fil turquoise regroupe des traditions partageant le baptême sur profession de foi ; il ne représente pas une filiation unique entre elles. Les neuf pages qui suivent racontent ce dessin en détail.

Le tracé se déclenche quand la frise entre à l’écran — la page 1 fait référence.

La frise : des précurseurs au CNEF

Chaque famille suit son fil de couleur ; le fil gris porte l’histoire générale et le pouvoir civil. À gauche : la date, le lieu et le visage de la figure concernée. Au centre, chaque fil naît au premier événement de sa famille et court jusqu’à son dernier ; une pastille marque l’événement, et le titre reprend la couleur de la famille.

  1. v. 1170LyonPierre Valdo — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu

    histoire générale et pouvoir civil — Pierre Valdo et les vaudois

    Un riche marchand lyonnais donne ses biens et prêche l’Évangile en langue du peuple. Excommuniés en 1184, les « pauvres de Lyon » survivent trois siècles dans les vallées alpines — et rallieront la Réforme au synode de Chanforan (1532).

  2. v. 1380OxfordJohn Wycliffe — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu

    histoire générale et pouvoir civil — John Wycliffe

    Le théologien d’Oxford place l’Écriture au-dessus du pape et lance la première traduction complète de la Bible en anglais, achevée après sa mort par ses proches. Ses disciples, les lollards, persécutés, survivront dans la clandestinité jusqu’à la Réforme.

  3. 1415ConstanceJan Hus — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu

    histoire générale et pouvoir civil — Jan Hus au bûcher

    Venu au concile avec un sauf-conduit impérial qui ne sera pas respecté, le prédicateur de Prague, disciple de Wycliffe, est brûlé le 6 juillet 1415. Ses fidèles fonderont en 1457 l’Unité des Frères — dont descendent les Frères moraves.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20261 / 49

  1. 1517WittenbergPortrait de Martin Luther

    Réforme luthérienne — Les 95 thèses de Luther

    Un moine augustin conteste le commerce des indulgences ; l’imprimerie diffuse le texte dans toute l’Europe en quelques semaines. Excommunié en 1521, Luther traduit le Nouveau Testament à la Wartburg en onze semaines : le peuple peut lire l’Écriture dans sa langue.

  2. 1521Meaux

    réformés — Le cénacle de Meaux

    Autour de l’évêque Briçonnet, Lefèvre d’Étaples traduit le Nouveau Testament en français (1523). Première aurore évangélique française ; la répression suit dès 1523 avec le premier martyr français, Jean Vallière, brûlé à Paris.

  3. 1525Zurich

    anabaptistes et baptistes — Naissance de l’anabaptisme

    Le 21 janvier 1525, Grebel et Manz baptisent des adultes sur profession de foi : rupture avec l’Église d’État. Zurich est l’un des premiers foyers de l’anabaptisme. Les traditions mennonites et baptistes partagent le baptême sur profession de foi, mais leurs trajectoires historiques sont distinctes : les premiers baptistes émergent des milieux séparatistes anglais.

  4. 1532Chanforan, PiémontGuillaume Farel — Portrait anonyme du XVIe siècle (Bibliothèque de Genève) ; attribution non confirmée

    réformés — Les vaudois rallient la Réforme

    Guillaume Farel, évangéliste de la Suisse romande, obtient au synode de Chanforan que les héritiers de Pierre Valdo rejoignent la Réforme et financent la première Bible française traduite sur l’hébreu et le grec — celle d’Olivétan, imprimée à Neuchâtel en 1535. Quatre ans après Chanforan, c’est Farel qui retiendra Calvin à Genève.

  5. 1534 · 1559Londres

    repère institutionnel anglais — La Réforme anglaise

    En 1534, l’Acte de suprématie fait d’Henri VIII le chef de l’Église d’Angleterre : rupture institutionnelle avec Rome, sans changement doctrinal majeur. Les transformations doctrinales et liturgiques viennent ensuite — Livre de la prière commune (1549), règlement élisabéthain (1559), Trente-neuf Articles (1563-1571). Les premiers baptistes émergent au début du XVIIe siècle de milieux séparatistes anglais. Le méthodisme, quant à lui, naît au XVIIIe siècle comme mouvement de réveil au sein de l’Église d’Angleterre. Ce repère gris situe le contexte institutionnel de la Réforme anglaise ; la famille anglicane est présentée dans sa fiche dédiée.

  6. 1536Bâle, puis GenèvePortrait de Jean Calvin

    réformés — Calvin publie l’Institution

    Exilé après l’affaire des Placards (1534) et la répression qui suit, Calvin publie à Bâle l’Institution de la religion chrétienne : la Réforme francophone a sa théologie. Genève devient la plaque tournante du protestantisme français.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20262 / 49

  1. 1555Paris

    réformés — Les Églises réformées s’organisent

    Après une première Église régulière à Meaux vers 1546, Paris se dote en 1555 d’un pasteur, d’anciens et de diacres ; d’autres Églises suivent. En 1559, le premier synode national adopte une confession de foi commune — ratifiée en 1571 à La Rochelle — et une discipline presbytérienne-synodale. À la veille des guerres de Religion, on comptera de 1 200 à 2 000 Églises réformées selon les sources : c’est le peuple huguenot.

  2. 1572Paris

    histoire générale et pouvoir civil — La Saint-Barthélemy

    Après dix ans de guerres civiles ouvertes par le massacre de Wassy (1562), des milliers de huguenots sont massacrés à Paris et en province. Le protestantisme français ne s’en remettra démographiquement jamais tout à fait.

  3. 1598Nantes

    histoire générale et pouvoir civil — L’édit de Nantes

    Henri IV accorde aux réformés la liberté de conscience, un culte autorisé lieu par lieu, l’accès aux charges et des places de sûreté. Déclaré « perpétuel et irrévocable », ce traité de paix reste une concession du roi — et ce qu’un roi accorde, un autre pourra le reprendre.

  4. 1609AmsterdamJohn Smyth — Attribution non confirmée ; image utilisée à titre d’illustration

    anabaptistes et baptistes — Première Église baptiste

    John Smyth, séparatiste anglais exilé à Amsterdam, se baptise lui-même puis baptise sa communauté — probablement au début de 1609 — : baptême du croyant et héritage réformé. Dans les mois qui suivent, les échanges avec les mennonites de la ville transforment sa théologie et le conduisent à demander son admission chez eux. Helwys et une minorité refusent cette union et poursuivent une voie baptiste distincte : rentré à Londres en 1612, Helwys y fonde la première Église baptiste d’Angleterre et réclame la liberté de conscience pour tous.

  5. 1685Fontainebleau

    histoire générale et pouvoir civil — Révocation de l’édit de Nantes

    Louis XIV interdit le protestantisme : temples rasés, pasteurs bannis, enfants baptisés de force. Environ 200 000 huguenots gagnent la Suisse, les Provinces-Unies, la Prusse et l’Angleterre — c’est le Refuge ; ceux qui restent prient en secret, au péril des galères.

Repère en marge : Meaux, vers 1546 — première Église réformée régulière du royaume, sur le modèle de Strasbourg.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20263 / 49

  1. 1715Les Montèzes, CévennesAntoine Court — Aucun portrait d’Antoine Court n’a été retrouvé : ses initiales remplacent le visage

    réformés — Le « Désert » : Antoine Court

    Antoine Court, vingt ans, réunit le premier synode clandestin, treize ans après la révolte armée des Camisards (1702-1710). Pendant soixante-dix ans, les Églises « du Désert » célèbrent le culte dans les garrigues, au péril de la vie de leurs pasteurs.

  2. 1727Herrnhut, SaxePortrait de Nicolas de Zinzendorf

    réveils et méthodisme — Le réveil morave

    Des héritiers de Jan Hus, réfugiés chez le comte de Zinzendorf, vivent le 13 août 1727 un réveil qui les réconcilie. Ils lancent une chaîne de prière relayée jour et nuit pendant cent ans et envoient dès 1732 leurs premiers missionnaires — aux Antilles, puis au Groenland.

  3. 1730Aigues-MortesMarie Durand — Image d’origine inconnue, utilisée à titre d’illustration ; aucun portrait d’époque n’a été retrouvé

    réformés — La Tour de Constance : Marie Durand

    Emprisonnée à dix-neuf ans parce qu’elle est la sœur d’un pasteur du Désert, Marie Durand refuse d’abjurer et passe trente-huit ans dans la tour d’Aigues-Mortes. Le mot gravé dans la margelle est habituellement transcrit « REGISTER », forme occitane de « résister » ; « resister » en est une lecture modernisée. Traditionnellement attribuée aux captives, cette gravure ne peut être attribuée avec certitude à Marie Durand elle-même.

  4. 1738LondresPortrait de John Wesley

    réveils et méthodisme — Conversion de John Wesley

    Au contact des moraves, Wesley sent le 24 mai 1738, à Aldersgate Street, son cœur « étrangement réchauffé » pendant la lecture de la préface de Luther à l’épître aux Romains. Cette expérience donne un élan évangélique décisif au mouvement méthodiste, déjà amorcé à Oxford en 1729 : prédication en plein air, petits groupes, sainteté pratique et cantiques de son frère Charles.

  5. 1740Nouvelle-Angleterre

    réveils et méthodisme — Le Grand Réveil

    Whitefield prêche en plein air devant des foules immenses ; Jonathan Edwards écrit pour discerner la vraie conversion de la simple exaltation. Le réveil traverse toutes les dénominations : c’est la matrice de l’évangélisme moderne.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20264 / 49

  1. 1787Versailles

    histoire générale et pouvoir civil — Édit de tolérance

    Louis XVI rend aux protestants un état civil — naître, se marier, mourir légalement — mais pas encore la liberté de culte : elle viendra avec la Déclaration des droits de 1789. Les Articles organiques (1802) organiseront ensuite les Églises réformées et luthériennes.

  2. 1791Normandie

    réveils et méthodisme — Arrivée du méthodisme en France

    Guillaume Mahy, natif de Guernesey, est envoyé sur le continent : la conférence méthodiste de 1791 inscrit « France » à son registre. De la Normandie le mouvement gagnera le Midi ; une union méthodiste française se structurera au XIXe siècle.

  3. 1810Nomain, Nord

    anabaptistes et baptistes — Premiers baptistes français

    Un réveil paysan gagne le Nord ; l’évangéliste Henri Pyt, sorti du Réveil de Genève, s’y installe en 1819, et vers 1820 naît la première Église baptiste de France. Des missions américaines viendront ensuite épauler le mouvement.

  4. 1817GenèvePortrait de Robert Haldane

    réveils et méthodisme — Le Réveil de Genève

    Sous l’impulsion de l’Écossais Robert Haldane, qui leur lit l’épître aux Romains, César Malan, Frédéric Monod et Merle d’Aubigné reçoivent une impulsion décisive. Adolphe Monod devient ensuite une grande figure française du Réveil, sans appartenir au même premier cercle genevois. La conversion et l’autorité de l’Écriture sont au cœur de ce renouveau, qui gagne les Églises de France.

  5. 1832Plymouth, puis SuissePortrait de John Nelson Darby

    Frères et libristes — John Darby et les « Frères »

    Le mouvement des « Frères », né à Dublin puis à Plymouth, prêche une Église sans clergé, réunie autour de la Cène. J. N. Darby, ancien ministre de l’Église d’Irlande (anglicane), le portera en Suisse romande à partir de 1837, d’où il gagnera l’Ardèche, la Drôme et le Midi.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20265 / 49

  1. 1844États-UnisPortrait de Ellen White

    millérisme et adventisme — La « Grande Déception » millérite

    Le prédicateur baptiste William Miller annonce le retour du Christ pour 1843-1844 ; ses disciples fixeront ensuite la date du 22 octobre 1844. L’attente échoue ; du mouvement éclaté sortent les adventistes du septième jour (Ellen White) — et le terreau d’où sortiront plus tard les Témoins de Jéhovah.

  2. 1848Îles britanniques

    Frères et libristes — Frères « étroits » et Frères « larges »

    Le mouvement des Frères se divise : les darbystes « étroits » refusent toute communion avec les autres Églises ; les « larges », autour de George Müller à Bristol, acceptent la coopération. C’est du courant ouvert, par des parcours variés en France, que naîtront les CAEF ; les assemblées qui suivent Darby dans la séparation de 1848 appartiennent au courant exclusif.

  3. 1849ParisPortrait de Frédéric Monod

    Frères et libristes — Union des Églises évangéliques libres

    Au synode de 1848, l’Église réformée refuse d’adopter une confession de foi ; Frédéric Monod et Agénor de Gasparin la quittent pour des Églises de professants, libres de l’État et de son salaire. Ce sont les « libristes » — l’UEEL d’aujourd’hui.

  4. 1879 → 1931Pittsburgh, Columbus

    Hors du tronc commun

    hors du tronc commun — Des Étudiants de la Bible aux Témoins de Jéhovah

    Issu d’une partie des Étudiants de la Bible de Charles T. Russell (1879), le mouvement de Joseph Rutherford prend en 1931 le nom de Témoins de Jéhovah. Il ne se réclame pas du protestantisme, qui ne le reconnaît pas.

    Lire l’annexe comparative →

  5. 1905Paris

    maisons communes — Séparation des Églises et de l’État

    La loi met fin au régime des cultes reconnus : les Églises perdent le salaire de l’État et gagnent la liberté de s’organiser. La même année naît la Fédération protestante de France (FPF), qui regroupera peu à peu de nombreuses familles, sans les réunir toutes.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20266 / 49

  1. 1904-1905Pays de Galles

    pentecôtistes et charismatiques — Le réveil gallois

    Autour du jeune Evan Roberts, un réveil de prière et de conversions gagne les vallées minières du pays de Galles et marque durablement le christianisme britannique, d’où viendront plusieurs prédicateurs pentecôtistes actifs en France. Le pentecôtisme prend pied en Grande-Bretagne dès 1907 (Sunderland, autour d’Alexander Boddy) ; Boddy visite Le Havre en 1909, et c’est de ce milieu britannique que viendra Douglas Scott, en 1927 puis en 1930.

  2. 1906Los AngelesPortrait de William Seymour

    pentecôtistes et charismatiques — Azusa Street : le pentecôtisme

    Dans un ancien local d’Azusa Street, le prédicateur noir William Seymour conduit un réveil marqué par le baptême du Saint-Esprit et le parler en langues, où Blancs et Noirs prient ensemble en pleine ségrégation. Issu du mouvement de Sainteté — fils du méthodisme —, il gagnera le monde en une génération. Son écho atteint l’Europe du Nord et la Grande-Bretagne dès 1907 ; la France recevra ensuite des prédicateurs britanniques.

  3. 1909Le Havre, Paris

    pentecôtistes et charismatiques — Premiers foyers pentecôtistes en France

    La mission ouverte en 1887 auprès des Bretons du Havre, dans un milieu méthodiste, baptiste et réformé, devient officiellement un centre pentecôtiste autour d’Hélène Biolley, de François-Marie Le Quéré, de Jacques Chaumet et de Félix Gallice. La même année, un centre pentecôtiste est officialisé à Paris autour de Michel Mast : une trentaine de fidèles d’abord.

  4. 1921Nogent-sur-MarnePortrait de Ruben Saillens

    anabaptistes et baptistes — L’Institut biblique de Nogent

    Ruben Saillens, pasteur baptiste et prédicateur du Réveil, ouvre un institut biblique où se formeront pendant un siècle des pasteurs de presque toutes les familles évangéliques françaises. Quarante ans avant Vaux-sur-Seine, la formation est déjà le premier terrain commun.

  5. 1930Le Havre, RouenPortrait de Douglas Scott

    pentecôtistes et charismatiques — Douglas Scott en France

    Venu apprendre le français avant de partir pour le Congo, le prédicateur britannique Douglas Scott est accueilli au Havre par Hélène Biolley, qui y tient le café sans alcool du Ruban Bleu. Son ministère d’évangélisation et de guérison donne au pentecôtisme français son essor : très vite, quelque 800 personnes venues de toute la France, dont des théologiens protestants, se pressent au Havre.

  6. 1932-1933France

    pentecôtistes et charismatiques — Naissance des Assemblées de Dieu de France

    Les Assemblées de Dieu s’organisent : première convention, confession de foi commune, journal. Huit Églises en 1933, une trentaine en 1941 — aujourd’hui l’une des principales unions évangéliques de France.

Repère en marge : Topeka, 1901 (Kansas).

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20267 / 49

  1. 1938France, Midi

    réformés — Réunification réformée — et l’UNEPREF

    Les Églises réformées françaises se réunissent en une seule Église. Une partie des Églises du Midi refuse une union sans confession de foi contraignante : elles forment une union réformée évangélique indépendante, aujourd’hui l’UNEPREF.

  2. 1950-1952Lisieux, BrestPortrait de Clément Le Cossec

    pentecôtistes et charismatiques — Réveil tzigane : Vie et Lumière

    Les prémices remontent à 1950, à Lisieux, dans l’Assemblée de Dieu d’A. Gichtenaere : après une guérison vécue comme un miracle, des premiers Tsiganes se convertissent. En 1952, à Brest, le pasteur breton Clément Le Cossec voit naître parmi eux un véritable réveil ; en novembre 1954, un millier de Tsiganes s’y rassemblent pour des baptêmes sur la grève. La mission est fondée le 28 décembre 1957 sous le nom de « La Délivrance » ; son assemblée générale adopte le nom de Vie et Lumière le 26 février 1961. Un témoignage de Wasso Ferret, repris par le Musée protestant, situe une guérison à Lisieux en 1951 : les deux datations coexistent dans les sources.

  3. 1957France

    Frères et libristes — Vague d’implantations d’Églises

    France Mission, puis Perspectives, les CAEF — assemblées issues des Frères larges, structurées en union — et de nombreuses œuvres implantent des Églises dans les villes sans témoignage évangélique. Ce jalon rapproche plusieurs initiatives : France Mission, Perspectives et les CAEF ont chacune leur propre histoire.

  4. 1960Californie, puis France

    pentecôtistes et charismatiques — Renouveau charismatique et Églises de la diversité

    Un pasteur épiscopalien de Californie annonce à sa paroisse qu’il a reçu le baptême du Saint-Esprit : le courant charismatique se diffuse au-delà des Églises pentecôtistes. En France, il croise les Églises issues des migrations — antillaises, africaines, asiatiques. Le renouveau charismatique et ces migrations sont cependant deux phénomènes distincts, contemporains mais indépendants.

  5. 1965Vaux-sur-Seine

    maisons communes — Une faculté commune

    La Faculté libre de théologie évangélique ouvre ses portes et devient une étape majeure de la formation commune de baptistes, de libristes, de Frères et de pentecôtistes. Cette coopération a des précédents : l’Institut biblique de Nogent est déjà interdénominationnel depuis 1921.

  6. 1973Leuenberg, Suisse

    luthériens et réformés — La concorde de Leuenberg

    Au XVIe siècle, le désaccord sur la Cène avait notamment séparé Luther et Zwingli. À Leuenberg, en 1973, les Églises signataires affirment qu’un accord sur l’Évangile permet de dépasser les condamnations doctrinales anciennes. Cette communion rend possible l’accueil réciproque à la Cène et la reconnaissance des ministères.

    Un accord de communion n’est pas encore une fusion. Chaque Église conserve son histoire et son organisation. La démarche ouvre cependant la voie à des unions institutionnelles : l’UEPAL, en Alsace-Moselle, en 2006, et l’EPUdF, en 2013, en sont deux expressions distinctes. Toutes les familles protestantes ne sont pas signataires de la concorde.

    Pour approfondir : Musée protestant — La concorde de Leuenberg · Musée protestant — L’union luthérienne et réformée en France.

    Les luthériens · Les réformés

  7. 1994Toronto, CanadaPortrait de John et Carol Arnott

    pentecôtistes et charismatiques — La « Bénédiction de Toronto » et Catch The Fire

    Des réunions conduites par Randy Clark dans la Toronto Airport Vineyard ouvrent en 1994 une vague de renouveau qui attire des visiteurs du monde entier. En décembre 1995, l’Association of Vineyard Churches met fin à l’affiliation de cette Église. Elle devient Toronto Airport Christian Fellowship en 1996, puis Catch The Fire Toronto en 2010-2011, tête d’un réseau néo-charismatique international — présent en France à Lyon depuis 2017. Une influence spirituelle peut donc durer après la rupture d’un lien institutionnel : Catch The Fire n’est pas une branche du Vineyard, qui ne répond pas de son développement après 1995.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20268 / 49

  1. 2010Paris

    maisons communes — Création du CNEF

    Fondé en juin 2010, le Conseil national des évangéliques de France rassemble plus de 70 % des Églises protestantes évangéliques — baptistes, libristes, ADD, CAEF, méthodistes, réformés évangéliques, Vie et Lumière… Une première historique.

  2. 2013Lyon

    réformés — Naissance de l’EPUdF

    L’Église réformée de France et l’Église évangélique luthérienne de France s’unissent au synode de Lyon ; l’UEPAL, en Alsace-Moselle, reste distincte. Les réformés évangéliques (UNEPREF) restent, eux, une union distincte, membre du CNEF.

  3. Auj.France

    maisons communes — Un paysage en croissance

    En août 2026, le CNEF affiche 2 530 lieux de culte, 36 unions membres et 173 associations membres, et un nombre croissant d’implantations nouvelles. Huit siècles après Valdo, la question n’est plus « survivrons-nous ? » mais « saurons-nous rester frères ? ».

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20269 / 49

Ce qui nous précède

Ier siècle

« Nous sommes tous les héritiers de ceux qui nous ont précédés ; chacun reçoit, examine, réforme et transmet à son tour. »

Ce qui nous attend

Aujourd’hui

Huit siècles après Valdo, la question n’est plus « survivrons-nous ? » mais « saurons-nous rester frères ? »

Fin de la frise chronologique

Page 10 / 49Changement de focale · la frise est terminée

Grand angle

De l’histoire commune
aux familles d’Églises

À partir d’ici, le dossier ne recommence pas l’histoire : il s’en approche.

Mise au point · la réponse courte

« D’où viennent nos Églises ? » — rarement d’une seule source. Leur identité s’est formée par couches : héritage de la Réforme, compréhension de l’Église et du baptême, réveils, œuvres missionnaires, migrations, implantations, regroupements.

Une même communauté peut appartenir à une famille historique, recevoir des influences plus récentes et être membre d’une union d’Églises : ces niveaux se complètent sans se confondre.

Derrière · ce que la frise a montré

Les grandes dates, les réveils, les migrations, les ruptures, les unions et les routes par lesquelles les courants protestants se sont développés.

Devant · ce qui commence maintenant

Les figures marquantes, les familles d’Églises, leurs héritages propres, leurs différences de statut et leurs points de rencontre.

1 · Se repérer

Retrouver la couleur

Chaque famille garde la même couleur d’une page à l’autre.

2 · Mettre un visage

Découvrir les portraits

La galerie présente les personnes dont les noms reviennent dans la frise et dans les récits de famille.

3 · Suivre un héritage

Ouvrir une fiche famille

Chaque fiche remonte de la famille actuelle vers ses principaux jalons historiques, sans réduire son histoire à une seule origine.

Trois types de liens à ne pas confondre

Filiation historique

Une personne, un réveil ou un mouvement a contribué, directement ou indirectement, à une évolution ultérieure. Une flèche historique n’implique pas toujours une continuité d’organisation.

Proximité théologique ou spirituelle

Des Églises peuvent partager des convictions, des pratiques ou un vocabulaire sans relever de la même union, de la même dénomination ou du même réseau.

Lien institutionnel

Une appartenance officielle, une affiliation fédérative ou une succession juridique doit être établie par des statuts, des annuaires ou des déclarations explicites.

Le repère essentiel : proximité ne signifie pas affiliation.

Page suivante · rappel du code couleur des familles10 / 49

Code couleur des familles

  • Histoire générale, pouvoir civilPierre Valdo, Wycliffe, Jan Hus
  • Réformés et luthériens (huguenots)Jean Calvin, Antoine Court
  • Anabaptistes, mennonites, baptistesMenno Simons, John Smyth
  • Libristes et assemblées de FrèresFrédéric Monod, J. N. Darby
  • Moraves, méthodistes, réveilsJohn Wesley, Robert Haldane
  • Pentecôtistes et charismatiquesDouglas Scott, Clément Le Cossec
  • Structures communesFPF 1905, CNEF 2010
  • Millérisme et adventismeWilliam Miller, Ellen White

Comprendre la légende

Ce qui distingue les huit fils de couleur

Ce ne sont pas huit dénominations équivalentes : six fils suivent des familles ou courants, le gris donne le contexte historique et le noir relie les organismes communs.

Gris · Histoire générale

Précurseurs, pouvoirs civils, persécutions et libertés publiques : un repère de contexte, pas une famille d’Églises. Dans l’animation des origines, un pointillé gris, distinct de ce fil plein, met à part la trajectoire comparative des Témoins de Jéhovah.

Bleu · Réformés et luthériens

Réforme confessionnelle du XVIe siècle : autorité biblique, prédication et sacrements, avec des Églises historiquement territoriales. Ce modèle ne se réduit pas à une appartenance automatique de tous les habitants.

Turquoise · Anabaptistes, mennonites, baptistes

Églises de professants et baptême lié à une foi personnelle. La Réforme radicale en formalise un modèle protestant durable, sans inventer absolument l’Église de professants. Les baptistes ont une histoire propre : la parenté n’est pas une filiation unique.

Brun · Libristes et Assemblées de Frères

Indépendance et engagement personnel les rapprochent ; les libristes viennent du Réveil réformé, les Frères privilégient la collégialité des ministères.

Violet · Moraves, méthodistes et Réveils

Renouveau de la foi vécue : conversion, sainteté, prière, mission et service. Ces Réveils peuvent traverser plusieurs familles d’Églises.

Rouge · Pentecôtistes et charismatiques

Accent sur l’action actuelle et les dons du Saint-Esprit. Les pentecôtistes forment des Églises ; le renouveau charismatique traverse aussi des Églises existantes.

Noir · Structures communes

La FPF et le CNEF représentent, relient et font coopérer leurs membres : ce ne sont ni une doctrine ni une nouvelle dénomination.

Vert · Millérisme et adventisme

Courant eschatologique du XIXe siècle, d’où sont issus les adventistes du septième jour. Les Témoins de Jéhovah, nés du même terreau, sont hors du tronc commun : ils sont présentés à part, dans une annexe comparative.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202611 / 49

Page de médailles · précurseursDeux pièces · avers

La galerie des portraits

Chaque pièce porte, gravée sur son cercle, la vie de l’homme ; l’exergue donne ce qui reste de lui. Vingt-quatre figures, choisies parmi beaucoup d’autres : une sélection, non un inventaire.

Pièce I · précurseur

Les pauvres de Lyon

Marchand lyonnais devenu prédicateur itinérant après avoir fait traduire l’Écriture en langue vulgaire. Sa communauté survivra aux persécutions et rejoindra la Réforme trois siècles plus tard.

Vie

v. 1140 – v. 1206

Foyer

Lyon

Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu. Sources

Pièce II · précurseur

L’Écriture au-dessus du pape

Théologien d’Oxford, à l’origine de la première traduction complète de la Bible en anglais. Ses écrits circuleront jusqu’en Bohême et nourriront le mouvement hussite.

Vie

v. 1330 – 1384

Foyer

Oxford

Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu. Sources

Le mot évangélique

Ce qu’il dit, ce qu’il ne dit pas

Le mot vient d’evangelium, la bonne nouvelle : au XVIe siècle il désigne simplement ceux qui veulent revenir à l’Évangile. En France, il a pris depuis le XIXe siècle un sens plus précis, celui d’un protestantisme qui insiste sur quatre points : l’autorité de la Bible, la nécessité d’une conversion personnelle, la centralité de la croix, l’engagement dans le témoignage et le service.

Ce n’est donc ni une dénomination, ni une importation américaine : c’est une sensibilité qui traverse des familles très différentes — dont plusieurs sont nées en France ou en Suisse bien avant l’influence des États-Unis. Et l’adjectif « évangélique » ne s’oppose pas à « protestant » : il en désigne une part.

Ces deux hommes précèdent la Réforme. On ne les appelle pas « évangéliques » au sens actuel : le mot se fixe bien plus tard. Les frapper ici signale une même exigence — l’Écriture accessible et première — non une filiation institutionnelle directe.

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Page de médailles · précurseurs et réformateursSix pièces · avers

La galerie des portraits

Deuxième page : de Prague aux Cévennes, ceux qui ont donné à la Réforme sa théologie, ses Églises de professants et ses réveils.

Pièce I · précurseur

L’Unité des Frères

Prédicateur de la chapelle de Bethléem à Prague et disciple de Wycliffe, il est brûlé à Constance en 1415 malgré un sauf-conduit impérial. Ses fidèles fonderont en 1457 l’Unité des Frères, dont descendent les frères moraves.

Vie

v. 1372 – 1415

Foyer

Prague

Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu. Sources

Pièce II · réformés et luthériens

Les 95 thèses

Moine augustin et professeur de Bible, il conteste en 1517 le commerce des indulgences et redécouvre la justification par la foi seule. Sa traduction de la Bible en allemand met l’Écriture entre les mains du peuple.

Vie

1483 – 1546

Foyer

Wittenberg

Pièce III · réformés et luthériens

Théologien des huguenots

Exilé de France, il publie à Bâle l’Institution de la religion chrétienne puis organise l’Église de Genève, d’où partent les pasteurs des Églises réformées de France. Son ordre presbytéro-synodal structure encore le protestantisme réformé.

Vie

1509 – 1564

Foyer

Genève

Pièce IV · mennonites

Père des mennonites

Prêtre frison rallié en 1536 à l’anabaptisme pacifique, il rassemble les communautés dispersées après le désastre de Münster. Son nom reste attaché aux mennonites, Églises de professants attachées à la non-violence.

Vie

1496 – 1561

Foyer

Frise

Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu. Sources

Pièce V · réformés · le Désert

Restaurateur du Désert

À vingt ans, il réunit en 1715 le premier synode du Désert et réorganise les Églises réformées clandestines après la Révocation. Depuis Lausanne, il forme ensuite les pasteurs qui reprennent le chemin de la France.

Vie

1695 – 1760

Foyer

Cévennes

Aucun portrait d’Antoine Court n’a été retrouvé : ses initiales remplacent le visage. Sources

Pièce VI · méthodistes

Père du méthodisme

Pasteur anglican au cœur « étrangement réchauffé » à Aldersgate en 1738, il prêche en plein air aux foules ouvrières et organise ses convertis en sociétés. Le méthodisme naît de ce réveil, sans rupture voulue avec l’Église d’Angleterre.

Vie

1703 – 1791

Foyer

Londres

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202613 / 49

Page de médailles · libristes, Frères et pentecôtistesSix pièces · avers

La galerie des portraits

Troisième page : au XIXe et au XXe siècle, les Églises libres, les assemblées de Frères, le pentecôtisme, les Étudiants de la Bible — et, plus haut, la première Église baptiste.

Pièce I · libristes

Fondateur des libristes

Pasteur à Paris, marqué par le Réveil de Genève, il quitte en 1849 l’Église réformée concordataire pour fonder avec Agénor de Gasparin l’Union des Églises évangéliques libres. Il veut une Église de professants, indépendante de l’État et fondée sur une confession de foi.

Vie

1794 – 1863

Foyer

Paris

Pièce II · assemblées de Frères

Les assemblées de Frères

Ancien ministre de l’Église d’Irlande (anglicane), il rejoint les premiers Frères de Plymouth et parcourt dès 1837 la Suisse romande, puis le Midi de la France. Ses assemblées, sans clergé, se réunissent autour de la Cène et de la lecture de l’Écriture.

Vie

1800 – 1882

Foyer

Irlande, Midi

Pièce III · pentecôtistes

Pionnier pentecôtiste

Évangéliste anglais arrivé au Havre en 1930, il prêche le baptême du Saint-Esprit et la guérison chez Hélène Biolley, au Ruban Bleu. De ce foyer naissent les Assemblées de Dieu de France.

Vie

1900 – 1967

Foyer

Le Havre

Pièce IV · pentecôtistes

Apôtre des gens du voyage

Pasteur des Assemblées de Dieu, il baptise dès les années 1950 les premiers Tsiganes convertis en Bretagne et fonde la mission Vie et Lumière. Elle est devenue une union pentecôtiste mondiale parmi les gens du voyage.

Vie

1921 – 2001

Foyer

Bretagne

Pièce V · Étudiants de la Bible

Les Étudiants de la Bible

Commerçant de Pittsburgh formé dans le sillage du millérisme, il fonde en 1879 la revue La Tour de Garde et le mouvement des Étudiants de la Bible. Ses successeurs en feront les Témoins de Jéhovah, en rupture avec la foi de Nicée.

Vie

1852 – 1916

Foyer

Pittsburgh

Pièce VI · baptistes

La première Église baptiste

Séparatiste anglais réfugié à Amsterdam, il se baptise lui-même puis baptise sa communauté, probablement au début de 1609 : c’est la première Église baptiste. Il se rapproche ensuite des mennonites ; Helwys et une minorité refusent cette union et fondent à Londres, en 1612, la première Église baptiste d’Angleterre.

Vie

1570 – 1612

Foyer

Amsterdam

Attribution non confirmée ; image utilisée à titre d’illustration. Sources

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202614 / 49

Page de médailles · réveils, adventisme et Étudiants de la BibleSix pièces · avers

La galerie des portraits

Quatrième page : d’Azusa Street à Herrnhut, les réveils, l’adventisme et les Étudiants de la Bible — avec le Réveil de Genève et la Réforme de langue française.

Pièce I · pentecôtistes

Le réveil d’Azusa Street

Prédicateur noir, fils d’anciens esclaves de Louisiane, il conduit à partir de 1906 les réunions d’Azusa Street à Los Angeles. Ce réveil interracial est l’un des foyers majeurs de la diffusion mondiale du pentecôtisme.

Vie

1870 – 1922

Foyer

Los Angeles

Pièce II · millérisme · adventistes

Les adventistes du septième jour

Après la « grande déception » millérite de 1844, ses visions et ses écrits structurent le mouvement qui devient en 1863 l’Église adventiste du septième jour. Sabbat, santé et attente du retour du Christ en sont les marques.

Vie

1827 – 1915

Foyer

États-Unis

Pièce III · Étudiants de la Bible

Les Témoins de Jéhovah

Juriste, successeur de Russell à la tête de la Société Watch Tower en 1917, il centralise le mouvement et lui donne en 1931 le nom de Témoins de Jéhovah. Sa christologie non nicéenne les place hors des familles protestantes.

Vie

1869 – 1942

Foyer

Brooklyn

Pièce IV · moraves

Le réveil morave

Comte saxon élevé dans le piétisme, il accueille sur ses terres les descendants des Frères de Bohême : Herrnhut naît en 1722, le réveil en 1727. Les Moraves envoient dès 1732 leurs premiers missionnaires et marquent John Wesley.

Vie

1700 – 1760

Foyer

Herrnhut

Pièce V · Réveil de Genève

Le Réveil de Genève

Laïc écossais, il réunit en 1816-1817 dans son salon genevois des étudiants en théologie pour lire l’Épître aux Romains. Merle d’Aubigné, Gaussen, Frédéric Monod et Henri Pyt sortent de ce Réveil.

Vie

1764 – 1842

Foyer

Genève

Pièce VI · réformés et luthériens

Réformateur de langue française

Évangéliste dauphinois passé par le cénacle de Meaux, il gagne Neuchâtel et Genève à la Réforme et obtient à Chanforan, en 1532, le ralliement des vaudois. C’est lui qui retient Calvin à Genève en 1536.

Vie

1489 – 1565

Foyer

Suisse romande

Portrait anonyme du XVIe siècle (Bibliothèque de Genève) ; attribution non confirmée. Sources

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202615 / 49

Page de médailles · de Saillens aux ArnottQuatre pièces · avers

La galerie des portraits

Cinquième page : quatre visages, de la tour de Constance au renouveau charismatique de Toronto.

Pièce I · baptistes

L’institut biblique

Pasteur baptiste, évangéliste et auteur de cantiques, il fonde en 1921 avec sa femme Jeanne l’Institut biblique de Nogent-sur-Marne, qui forme depuis des serviteurs de toutes les familles évangéliques. Il incarne un baptisme français de tradition revivaliste.

Vie

1855 – 1942

Foyer

Nogent-sur-Marne

Pièce II · réformés · le Désert

La résistance du Désert

Enfermée trente-huit ans à la tour de Constance pour sa foi réformée, elle refuse d’abjurer et soutient ses compagnes ; le mot « Résister » gravé sur la margelle lui est attribué. Elle est libérée en 1768.

Vie

1711 – 1776

Foyer

Aigues-Mortes

Image d’origine inconnue, utilisée à titre d’illustration ; aucun portrait d’époque n’a été retrouvé. Sources

Pièce III · anabaptistes

Les premiers anabaptistes

Humaniste zurichois, d’abord disciple de Zwingli, il baptise le 21 janvier 1525 les premiers adultes sur profession de foi : l’anabaptisme est né. Banni de sa ville, il meurt de la peste l’année suivante.

Vie

v. 1498 – 1526

Foyer

Zurich

Représentation moderne (Oliver W. Schenk, 1972) ; aucun portrait d’époque n’a été retrouvé. Sources

Pièce IV · charismatiques · Catch The Fire

La bénédiction de Toronto

Pasteurs de la Toronto Airport Vineyard, ils voient éclater en janvier 1994 un réveil qui attire des visiteurs du monde entier. Leur Église devient Catch The Fire, réseau charismatique aujourd’hui présent en France.

Repère

Toronto, 1994

Foyer

Toronto

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202616 / 49

Portrait · précurseur

Pierre Valdo — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu

Pierre Valdo

v. 1140 – v. 1206 · Lyon · les pauvres de Lyon

Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu. Sources

  • Naissancev. 1140, Lyon
  • Lieu d’actionLyon, puis le Languedoc, la Lombardie et les vallées alpines
  • Ce qu’il a laisséLa Bible en langue du peuple et une Église de laïcs pauvres, les vaudois

Riche marchand lyonnais, Valdo (ou Vaudès) est saisi vers 1170 par la parole du Christ au jeune homme riche : « Va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres ». Il assure l’avenir de sa femme et de ses filles, distribue le reste de ses biens et se met à vivre de la charité. Surtout, il fait traduire en langue d’oc des parties des Évangiles et des Psaumes par deux clercs lyonnais, pour que des gens simples puissent entendre l’Écriture dans leur langue.

Ses compagnons, les « pauvres de Lyon », partent prêcher deux par deux sur les routes, hommes et femmes, sans être prêtres. Au concile de Latran III (1179), le pape approuve leur vœu de pauvreté mais leur interdit de prêcher sans l’accord des évêques. Ils continuent, invoquant  : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » Chassés de Lyon puis excommuniés (1184), ils se dispersent vers le Languedoc, l’Italie du Nord et les hautes vallées des Alpes, où les communautés vaudoises traversent trois siècles de persécutions.

En 1532, au synode de Chanforan, les barbes vaudois rencontrent Guillaume Farel et rejoignent la Réforme ; ils financent la première Bible protestante en français, celle d’Olivétan (1535). L’Église évangélique vaudoise existe toujours en Italie : c’est la plus ancienne Église protestante du monde.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Trois siècles avant Luther, Valdo pose les deux gestes qui définiront l’évangélisme : mettre la Bible dans la langue des gens, et confier l’annonce de l’Évangile à des croyants ordinaires. Il rappelle que la Réforme n’est pas née de rien en 1517, et que la frise de ce dossier commence à Lyon pour cette raison.

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. »

— le verset de sa conversion, selon les chroniques
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Portrait · précurseur

John Wycliffe — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu

John Wycliffe

v. 1330 – 1384 · Oxford · l’Écriture au-dessus du pape

Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu. Sources

  • Naissancev. 1330, Yorkshire (Angleterre)
  • Lieu d’actionOxford, puis la paroisse de Lutterworth
  • Ce qu’il a laisséLa première Bible complète en anglais et l’idée que l’Écriture juge l’Église

Théologien d’Oxford, maître de Balliol College, Wycliffe est l’un des esprits les plus respectés d’Angleterre quand il se met à contester la richesse et le pouvoir temporel de l’Église. À partir de 1376, il soutient que l’autorité se perd par le péché, que le pape n’est pas le maître de l’Église, et que l’Écriture seule est la règle de la foi : « la vérité de l’Écriture » est le titre d’un de ses grands traités (1378).

En 1379-1380, il rejette la transsubstantiation, ce qui lui coûte l’appui de ses protecteurs. Condamné à Londres en 1382, il n’est pourtant ni emprisonné ni brûlé : il se retire dans sa paroisse de Lutterworth, où il meurt en 1384. C’est là que ses disciples achèvent ce qui fera sa postérité : la traduction de toute la Bible en anglais, à partir de la Vulgate latine, copiée à la main et diffusée par des prédicateurs itinérants, les « lollards ».

Le concile de Constance condamne ses thèses en 1415, et en 1428 ses os sont exhumés, brûlés, et ses cendres jetées dans la rivière Swift. Mais ses écrits ont déjà gagné la Bohême par les étudiants tchèques venus à Oxford : Jan Hus les lit, les défend, et en meurt. On a surnommé Wycliffe « l’étoile du matin de la Réforme ».

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Wycliffe est le premier à dire, avec les outils de l’université, ce que la Réforme dira un siècle et demi plus tard : la Bible au-dessus de l’institution, et la Bible pour tous. Chaque Église évangélique qui met une Bible en langue courante entre les mains de ses membres prolonge son geste de Lutterworth.

« Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. »

— un verset qui résume sa conviction : l’Écriture pour guider chaque croyant
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Portrait : Jan Hus

Portrait · précurseur

Jan Hus — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu

Jan Hus

v. 1372 – 1415 · Prague · l’Unité des Frères

Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu. Sources

  • Naissancev. 1372, Husinec (Bohême)
  • Lieu d’actionPrague, chapelle de Bethléem ; mort à Constance
  • Ce qu’il a laisséUn peuple attaché à la Bible en tchèque, puis l’Unité des Frères

Prêtre et professeur, recteur de l’université de Prague, Hus prêche à partir de 1402 à la chapelle de Bethléem, en tchèque et non en latin, devant des foules. Nourri des écrits de Wycliffe, il appelle l’Église à la pauvreté et à la fidélité à l’Écriture, dénonce la vente des indulgences (1412) et affirme que le Christ, non le pape, est la tête de l’Église. Excommunié, il doit quitter Prague.

Convoqué au concile de Constance sous la protection d’un sauf-conduit impérial, il y est emprisonné, sommé de se rétracter, et refuse tant qu’on ne l’aura pas convaincu par l’Écriture. Il est brûlé vif le 6 juillet 1415, en chantant. Sa mort soulève la Bohême : les guerres hussites, puis, en 1457, la naissance d’une Église de paix et de simplicité évangélique, l’Unité des Frères (Unitas Fratrum).

Cent ans plus tard, Luther découvre les écrits de Hus et reconnaît : « nous sommes tous hussites sans le savoir ». Écrasée par la Contre-Réforme après 1620, l’Unité des Frères survit en secret, et c’est son reste qui renaîtra à Herrnhut, chez Zinzendorf, en 1722 : les moraves, présents dans la suite de ce dossier.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Hus relie directement les précurseurs aux réveils : sans lui, pas d’Unité des Frères ; sans l’Unité des Frères, pas de moraves ; sans les moraves, pas de conversion de Wesley ni de méthodisme. Il montre aussi ce qu’a coûté, longtemps, la simple demande d’être convaincu par l’Écriture.

« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »

— la vérité (veritas) fut son mot : « Cherche la vérité, écoute la vérité, apprends la vérité, aime la vérité, dis la vérité, tiens la vérité, défends la vérité jusqu’à la mort »
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Portrait · réformateur

Portrait de Martin Luther (atelier de Lucas Cranach l’Ancien)

Martin Luther

1483 – 1546 · Wittenberg · la foi seule

  • Naissance10 novembre 1483, Eisleben (Saxe)
  • Lieu d’actionWittenberg ; Worms et la Wartburg
  • Ce qu’il a laisséLa Bible allemande, le salut par la foi seule, les Églises luthériennes

Fils de mineur devenu moine augustin, Luther cherche avec angoisse comment être juste devant un Dieu saint : jeûnes, veilles, confessions — rien n’apaise sa conscience. Professeur d’Écriture sainte à Wittenberg, il découvre en étudiant l’épître aux Romains que la justice de Dieu n’est pas celle qui condamne, mais celle que Dieu donne : le salut se reçoit par la foi, comme un don. Le 31 octobre 1517, ses quatre-vingt-quinze thèses contre le commerce des indulgences sont répandues par l’imprimerie dans toute l’Europe en quelques semaines.

Excommunié, convoqué devant l’empereur Charles Quint à la diète de Worms (1521), il refuse de se rétracter tant qu’on ne l’aura pas convaincu « par l’Écriture ou par des raisons évidentes ». Mis au ban de l’Empire, caché au château de la Wartburg, il traduit le Nouveau Testament en allemand en onze semaines (1522), puis toute la Bible (1534) : le peuple lit désormais l’Écriture dans sa langue. De retour à Wittenberg, il réorganise le culte, écrit des cantiques — « C’est un rempart que notre Dieu » — et deux catéchismes pour les familles.

Son mariage avec Katharina von Bora, ancienne religieuse (1525), inaugure le presbytère protestant : une table ouverte, six enfants, des étudiants logés. La Confession d’Augsbourg (1530), rédigée par son ami Melanchthon, fixe la foi luthérienne. Homme entier, capable de dureté dans la polémique, il meurt en 1546 à Eisleben, sa ville natale. De lui viennent les Églises luthériennes d’Allemagne, de Scandinavie et d’Alsace.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Chaque fois qu’une Église évangélique proclame que le salut est reçu par la foi, non gagné par les œuvres, elle répète la découverte de Wittenberg. La Bible dans la langue du peuple, le chant de toute l’assemblée, le catéchisme des familles : trois gestes de Luther devenus si naturels qu’on oublie qu’ils furent une révolution.

« Le juste vivra par la foi. »

— le verset de sa délivrance, découvert dans son cabinet de travail de Wittenberg
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POUR ALLER PLUS LOIN

Pour approfondir

Trois repères pour mieux comprendre Martin Luther.
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Ce que contestaient les 95 thèsesLes indulgences, le pardon et la repentance

En 1517, Luther propose un débat sur les indulgences et sur la manière dont elles sont prêchées. Il conteste l’assurance de salut que certains prédicateurs attachent à leur achat. À ses yeux, un document d’indulgence ne remplace ni la repentance ni la confiance en Dieu.

Les thèses 36 et 37 affirment que le chrétien repentant participe aux biens du Christ sans avoir à acheter une lettre de pardon. La thèse 43 donne la priorité à l’aide apportée à une personne pauvre ou dans le besoin.

Un repère pour lire le texte

Les 95 thèses ouvrent une controverse sur les indulgences. Pour comprendre la théologie luthérienne qui se précise ensuite, il faut aussi lire les textes des années suivantes.

Source : Luther, 95 thèses (1517), notamment 21, 27, 36–37 et 43 — traduction anglaise.

Comprendre la justification par la foiLe salut reçu comme un don et la place des œuvres

Dans la compréhension luthérienne, être justifié signifie être accueilli comme juste devant Dieu grâce au Christ. La personne reçoit ce pardon par la foi ; elle ne le mérite pas par ses performances religieuses ou morales.

Cette conviction ne rend pas les bonnes œuvres inutiles. La Confession d’Augsbourg distingue le fondement du salut et ses fruits : la foi doit porter des fruits dans la vie, mais ces œuvres ne sont pas le prix du pardon.

Deux questions à distinguer

Comment le salut est-il reçu ? Par grâce, au moyen de la foi. Comment cette foi se manifeste-t-elle ? Par une vie appelée à l’amour et au service du prochain.

Sources : Confession d’Augsbourg (1530), article IV, la justification et article VI, la nouvelle obéissance — traductions anglaises.

Les conséquences concrètes de la RéformeLa Bible, le culte et la vie des Églises

L’action de Luther transforme aussi la vie quotidienne des communautés : traduction de la Bible en allemand, prédication dans la langue des fidèles, chant de l’assemblée et catéchismes destinés à transmettre la foi.

Ces changements prennent forme progressivement. Les réformateurs ne sont pas d’accord sur tout : Luther et Zwingli divergent notamment sur la Cène. C’est une des raisons pour lesquelles l’histoire protestante conduit à plusieurs familles d’Églises.

Relier le portrait à l’histoire des Églises

La fiche des Églises luthériennes présente cet héritage. Le portrait d’Ulrich Zwingli permet de découvrir un autre chemin de la Réforme.

Source : Musée protestant, Martin Luther (1483–1546).

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Portrait · réformateur

Portrait d’Ulrich Zwingli (d’après Hans Asper)

Ulrich Zwingli

1484 – 1531 · Zurich · l’Écriture seule au culte

  • Naissance1er janvier 1484, Wildhaus (Suisse)
  • Lieu d’actionGlaris, Einsiedeln, puis Zurich (Grossmünster)
  • Ce qu’il a laisséLa prédication de la Bible livre après livre et la branche réformée suisse

Fils de paysans du Toggenbourg, formé dans l’humanisme et admirateur d’Érasme, Zwingli est prêtre à Glaris puis à Einsiedeln, où il prêche l’Écriture plutôt que les légendes de pèlerinage. Appelé en 1519 au Grossmünster de Zurich, il rompt avec le calendrier des lectures imposées : il ouvre l’Évangile de Matthieu au premier verset et le commente jusqu’au dernier, puis livre après livre. La même année, la peste emporte un quart de la ville ; frappé lui-même, il en réchappe et en tire un chant de confiance totale en Dieu.

À partir de 1522, la Réforme zurichoise avance par disputes publiques : devant le conseil de la ville, Zwingli soutient que seule l’Écriture fait autorité. Le culte est simplifié, la messe abolie (1525), la Bible de Zurich achevée dès 1531. Mais l’unité protestante se brise à Marbourg (1529) : pour Zwingli, la Cène est un mémorial ; pour Luther, une présence réelle — les deux hommes se séparent sans s’être accordés. À Zurich même, ses disciples Conrad Grebel et Felix Manz, jugeant la réforme trop lente, baptisent des adultes dès 1525 : l’anabaptisme est né.

Aumônier des troupes zurichoises, Zwingli meurt à la bataille de Kappel en 1531, à quarante-sept ans. Son successeur Heinrich Bullinger consolide l’œuvre pendant quarante ans et correspond avec toute l’Europe. De Zurich vient la branche réformée suisse qui, rejointe par Genève, formera la famille réformée — et, par contrecoup involontaire, la famille anabaptiste et mennonite.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

La prédication « suivie », qui ouvre un livre biblique et le parcourt verset après verset, dimanche après dimanche, est aujourd’hui la pratique ordinaire de milliers d’Églises évangéliques : elle vient du Grossmünster. Zwingli rappelle aussi qu’une réforme se juge à l’Écriture — y compris lorsqu’elle est menée par des réformateurs.

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

— l’invitation du Christ, au cœur de sa prédication du Grossmünster
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Portrait · réformateur

Portrait de Jean Calvin (école française du XVIe siècle)

Jean Calvin

1509 – 1564 · Noyon, puis Genève · à Dieu seul la gloire

  • Naissance10 juillet 1509, Noyon (Picardie)
  • Lieu d’actionGenève, après Paris, Bâle et Strasbourg
  • Ce qu’il a laisséL’Institution chrétienne, l’Académie de Genève, les Églises réformées et huguenotes

Français de Noyon, formé au droit et aux lettres, Calvin est gagné à la Réforme vers 1533 — « Dieu subjugua mon cœur et le rangea à la docilité », écrira-t-il seulement. Après l’affaire des Placards (1534), il fuit la France. En 1536, à vingt-six ans, il publie à Bâle l’Institution de la religion chrétienne, premier exposé d’ensemble de la foi réformée, qu’il traduit lui-même en français en 1541 — faisant de sa langue une langue de théologie.

Retenu à Genève par Guillaume Farel, chassé en 1538, marié à Strasbourg à Idelette de Bure, il revient en 1541 et organise l’Église pour durer : pasteurs, docteurs, anciens et diacres, un culte centré sur la prédication et le chant des Psaumes en français. Son ministère a aussi ses ombres : le procès de Michel Servet, brûlé à Genève en 1553 avec l’approbation des autorités et de Calvin, le rappelle. En 1559, il fonde l’Académie de Genève, qui forme des pasteurs pour toute l’Europe.

Des dizaines d’entre eux repartent clandestinement vers la France : dès 1555, les premières Églises réformées « dressées » apparaissent — Paris, Meaux, Poitiers —, et en 1559 le premier synode national adopte une confession de foi. Épuisé, Calvin meurt en 1564, demandant une tombe sans nom. De lui viennent les Églises réformées et presbytériennes du monde entier, et les huguenots dont ce dossier suit l’histoire.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Calvin a donné aux Églises issues de la Réforme ce qui leur permettait de tenir sans le soutien d’un prince : une confession de foi, des ministères partagés, des pasteurs formés. Les Églises réformées évangéliques d’aujourd’hui — et, plus largement, toute Église qui élit un conseil et forme ses pasteurs — héritent de Genève.

« Non pas à nous, Éternel, non pas à nous, mais à ton nom donne gloire, à cause de ta bonté, à cause de ta fidélité ! »

— ce que la Réforme a résumé en trois mots : Soli Deo gloria, à Dieu seul la gloire
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POUR ALLER PLUS LOIN

Pour approfondir

Trois repères pour mieux comprendre Jean Calvin.
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Son rôle à GenèveUn pasteur, des institutions et une ville en Réforme

Lorsque Calvin arrive à Genève en 1536, la ville a déjà choisi la Réforme. Guillaume Farel le retient pour participer à son organisation. Expulsé en 1538, Calvin revient en 1541 : son influence s’affirme au fil des conflits et des négociations avec les autorités de la cité.

Les Ordonnances ecclésiastiques répartissent les responsabilités entre pasteurs, docteurs, anciens et diacres. Prédication, enseignement, discipline et assistance donnent ainsi une structure à la vie de l’Église. L’Académie fondée en 1559 contribue à former des pasteurs dont l’activité dépasse largement Genève.

Distinguer les responsabilités

Calvin exerce une autorité religieuse importante ; les conseils de la ville conservent le pouvoir civil. Cette distinction ne supprime pas les contraintes religieuses de l’époque : Calvin approuve la condamnation de Michel Servet, exécuté en 1553 par les autorités genevoises.

Sources : Musée protestant, Jean Calvin (1509–1564) ; Jean Calvin, document pour les enseignants (PDF).

Comprendre ses principales idéesLa grâce, l’Écriture et la vie chrétienne

Dans l’Institution de la religion chrétienne, Calvin présente une compréhension de la foi centrée sur Dieu et sur sa grâce. Le salut reçu en Jésus-Christ ne se gagne pas par les œuvres : la justification est reçue par la foi. L’Écriture constitue pour lui la référence décisive de l’enseignement chrétien.

Il cherche aussi à organiser une communauté instruite dans cette foi : prédication, catéchisme, chant des Psaumes et formation des ministres accompagnent son travail théologique.

Situer la prédestination

Calvin enseigne la double prédestination, concernant le salut et la réprobation, pour affirmer que le salut dépend de Dieu. Cette doctrine a suscité des débats : elle constitue une interprétation théologique au sein de l’histoire chrétienne, et ne résume pas à elle seule toute son œuvre.

Sources : Musée protestant, La doctrine de Jean Calvin ; Jean Calvin (1509–1564).

Points communs et différences avec LutherUne même Réforme, plusieurs développements

Luther et Calvin partagent l’affirmation du salut par grâce, reçu par la foi, et l’autorité de l’Écriture. Calvin appartient à la génération suivante : il reprend des convictions de la Réforme et les développe dans un autre contexte.

La Cène fait apparaître une différence importante. Luther affirme la présence réelle du corps et du sang du Christ avec le pain et le vin. Calvin insiste sur une participation réelle au Christ par l’action du Saint-Esprit : sa compréhension ne se réduit donc pas au souvenir symbolique d’un absent.

Relier les portraits aux familles

Ces différences éclairent l’histoire des Églises luthériennes et des Églises réformées. Le portrait de Martin Luther permet de reprendre la comparaison depuis ses propres questions.

Sources : Musée protestant, La doctrine de Jean Calvin ; Jean Calvin, rubrique « La Cène » (PDF).

Vous pouvez refermer chaque rubrique et poursuivre le parcours.

Familles d’Églises · convictions, vie des communautés et diversité actuelle

Portrait de Martin Luther

Les luthériens — recevoir la grâce, entendre la Parole

  • Églises luthériennesAujourd’hui
  • Confession d’Augsbourg1530
  • Luther à Wittenberg1517
Dans une communauté luthérienne, le culte rassemble autour d’une promesse : Dieu accueille et pardonne en Jésus-Christ. La prédication, le baptême et la Cène donnent à cette confiance une place concrète dans la vie de l’assemblée. La foi reçue se prolonge dans le service du prochain.
Cet héritage est partagé par des Églises implantées sur plusieurs continents. Elles ne forment pas une organisation unique : leurs langues, leurs usages liturgiques et leurs manières de se gouverner peuvent différer. La Confession d’Augsbourg demeure un repère commun pour exprimer leur foi.
À retenir · Le luthéranisme est une famille vivante, présente sur plusieurs continents, avec des histoires et des organisations diverses.

Convictions et vie d’Église

Baptême et Cène

Le baptême est donné aux enfants comme aux adultes. Dans la Cène, le Christ se donne réellement avec le pain et le vin : il ne s’agit pas d’un simple souvenir.

Conduire l’Église

Pasteurs, conseils et synodes partagent les responsabilités. Certaines Églises ont des évêques ; toutes les Églises luthériennes ne suivent pas le même modèle.

En France

Des héritages luthériens vivent notamment en Alsace et dans le pays de Montbéliard. L’EPUdF et l’UEPAL associent des traditions luthériennes et réformées dans deux structures distinctes.

Pour approfondir : Regards protestants — Les luthériens · Fédération luthérienne mondiale — L’identité luthérienne · Musée protestant — L’union luthérienne et réformée en France.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202623 / 49

Familles d’Églises · convictions, vie des communautés et diversité actuelle

Portrait de Jean Calvin

Les réformés — une famille, plusieurs unions

  • Églises réforméesAujourd’hui
  • Synode français1559
  • Calvin à Genève1536
  • Zwingli à Zurich1519
La vie d’une Église réformée s’organise autour de l’écoute de la Bible, de la prédication et d’une responsabilité partagée. Un conseil accompagne la communauté locale ; des délégués se retrouvent en synode pour prendre les décisions communes. Dans une grande partie du monde anglophone, cette tradition porte le nom de « presbytérienne ».
En France, le même héritage huguenot se retrouve dans plusieurs ensembles. Des Églises réformées appartiennent à l’EPUdF, d’autres à l’UEPAL en Alsace-Moselle, d’autres encore à l’UNEPREF. Ces noms désignent des structures différentes : ils ne recouvrent pas à eux seuls toute la famille réformée. Les racines plongent largement dans la Réforme française, mais les communautés actuelles résultent aussi de créations, d’unions, de migrations et de conversions plus récentes ; leur continuité n’est pas une succession institutionnelle mécanique.
À retenir · La famille réformée est plus large que les seules Églises réformées évangéliques. Une racine commune n’efface pas les différences de conviction et d’appartenance.

Convictions et vie d’Église

Baptême et Cène

Le baptême des enfants et celui des adultes sont pratiqués. Chez Calvin, la Cène est une communion au Christ par l’Esprit ; d’autres accents existent dans la tradition réformée.

Conseils et synodes

Le régime presbytérien-synodal associe un conseil local et des assemblées de délégués. Pasteurs et autres membres de l’Église participent aux décisions.

Un culte centré sur la Parole

Lecture biblique, prédication, prière et chant structurent le culte. La sobriété des lieux et des gestes varie selon les pays et les communautés.

Pour approfondir : Regards protestants — Les réformés · Musée protestant — L’union luthérienne et réformée en France · UNEPREF — Mémento, projet d’Église et fonctionnement synodal.

Dans cette famille · un parcours particulier

Les réformés évangéliques — l’UNEPREF

L’UNEPREF s’inscrit dans l’héritage huguenot, le souvenir des Églises du Désert et la piété du Réveil. Lors de la réunification réformée de 1938, une partie des Églises demeure en dehors de la nouvelle union, par attachement à un cadre confessionnel explicite. C’est dans cette continuité que s’inscrit l’union aujourd’hui appelée UNEPREF.

Elle associe théologie réformée et convictions évangéliques : autorité biblique, salut en Jésus-Christ et témoignage personnel. Son organisation relie conseils locaux et synodes. Elle constitue une union distincte de l’EPUdF, au sein d’une famille réformée plus large.

Les Églises du Désert et Antoine Court · La réunification de 1938 dans la frise

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202624 / 49

Familles d’Églises · convictions, vie des communautés et diversité actuelle

Portrait de Thomas Cranmer

Les anglicans — une prière commune, plusieurs sensibilités

  • Églises anglicanesAujourd’hui
  • Trente-neuf Articles1563–1571
  • Livre de prière1549
  • Rupture avec Rome1534
Le Livre de la prière commune donne à la tradition anglicane une manière partagée de célébrer : lectures bibliques, prières, baptême et eucharistie rythment la vie des communautés. Avec les Trente-neuf Articles, il constitue un repère de son identité, au-delà de la diversité des usages locaux.
Cette famille conserve des évêques et une liturgie héritée de l’histoire chrétienne, tout en recevant les convictions de la Réforme. On y rencontre des sensibilités évangéliques, anglo-catholiques et libérales. La communion anglicane rassemble des Églises autonomes : l’archevêque de Cantorbéry n’exerce pas sur elles une autorité comparable à celle du pape.
À retenir · L’anglicanisme ne se réduit ni à la décision d’un roi, ni à une seule manière de célébrer. Son histoire éclaire aussi les origines du méthodisme et du séparatisme anglais.

Convictions et vie d’Église

Baptême et communion

Les enfants comme les adultes peuvent être baptisés. L’eucharistie tient une place importante ; les accents vont d’une lecture évangélique à une sensibilité plus sacramentelle.

Évêques et synodes

Les évêques exercent leur ministère avec des prêtres et des diacres. Des synodes font participer clercs et laïcs au gouvernement de l’Église.

Une famille mondiale

Né en Angleterre, l’anglicanisme s’est implanté sur plusieurs continents, notamment en Afrique. Des communautés anglicanes sont aussi présentes en France.

Pour approfondir : Regards protestants — Les anglicans · Église d’Angleterre — Les Trente-neuf Articles, notamment XXV à XXVIII · Portrait de Thomas Cranmer — Gerlach Flicke, 1545, National Portrait Gallery / Wikimedia Commons, domaine public.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202625 / 49

John Smyth — Attribution non confirmée ; image utilisée à titre d’illustration

Les baptistes — FEEBF, AEEBLF, et une partie des Églises indépendantes

Attribution non confirmée ; image utilisée à titre d’illustration. Sources

  • Unions baptistesFrance, XIXe-XXe s.
  • Nomain, Nord1810-1820
  • Baptistes anglaisAmsterdam, 1609
  • Puritains séparatistesAngleterre, v. 1580
  • Anglicanisme1534
  • Réforme1517
Le baptisme naît d’abord du séparatisme anglais : à Amsterdam, en 1609, John Smyth et son groupe de puritains réfugiés adoptent le baptême du croyant, puis se rapprochent des mennonites. Une filiation anabaptiste directe n’est pas établie ; il vaut mieux parler d’échanges, de convergences et d’une influence doctrinale postérieure aux premiers baptêmes. Deux courants naissent d’ailleurs séparément : les baptistes « généraux », issus du groupe de Helwys rentré en Angleterre en 1612, et les baptistes « particuliers », apparus vers 1640 dans une Église séparatiste de Londres. Smyth et Helwys ne résument donc pas la généalogie de tous les baptistes actuels. La théologie reste largement réformée, l’ecclésiologie devient congrégationaliste : chaque Église locale est autonome.
En France, tout commence par un réveil dans le Nord vers 1810 ; la première Église baptiste est constituée à Nomain vers 1820. Le mouvement grandit au XIXe siècle avec l’appui de missions américaines, traverse les persécutions administratives du Second Empire, et se structure en plusieurs unions — dont la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF), membre à la fois de la FPF et du CNEF.
À retenir · les baptistes ont leurs origines dans le séparatisme anglais. Leurs contacts avec les mennonites et leur proximité avec l’Église de professants ne suffisent pas à établir une filiation anabaptiste directe.

Repères complémentaires

Ce qui les caractérise

Le baptême suit une profession personnelle de foi. L’appartenance à l’Église relève donc d’un engagement choisi, et non de la seule naissance.

Organisation et diversité

Chaque Église locale est autonome. Des fédérations comme la FEEBF ou l’AEEBLF mettent en commun formation, mission et entraide, sans former une dénomination baptiste unique.

Une famille mondiale

Le baptisme compte plus de 50 millions de membres dans le monde. En France, les premières communautés remontent à environ deux siècles ; la Fédération baptiste a célébré son centenaire en 2022.

Source du complément : FEEBF — feebf.com

Pour approfondir : S. R. Holmes, « When Did John Smyth Embrace “Arminianism” », Baptist Quarterly 52 (2021) · U. Swarat, « Theological Discussions between Mennonites and Baptists », JEBS 25 (2025) · J. R. Coggins, « The Theological Positions of John Smyth », Baptist Quarterly 30 (1984).

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202626 / 49

Frédéric Monod

Les libristes — UEEL, Union des Églises évangéliques libres

  • UEELParis, 1849
  • Réveil de Genève1817
  • Églises réforméesFrance, 1555
  • Calvin, Genève1536
  • Réforme1517
Les « libristes » sont des enfants directs du Réveil de Genève. En 1848-1849, le pasteur Frédéric Monod et le comte Agénor de Gasparin refusent que l’Église réformée reste une Église « multitudiniste » — ouverte à l’ensemble de la population — sans confession de foi obligatoire. Ils fondent une union d’Églises de professants, indépendantes de l’État : un demi-siècle avant la loi de 1905.
Théologiquement réformées, congrégationalistes dans leur fonctionnement, les Églises libres représentent la voie médiane du protestantisme français : pleinement évangéliques, pleinement héritières des huguenots. L’UEEL est aujourd’hui membre de la FPF et membre de plein droit du CNEF (2019).

Repères complémentaires

Pourquoi « libres » ?

L’Union est constituée en 1849 pour affirmer l’indépendance des Églises vis-à-vis de l’État. Le qualificatif « libre » n’est ajouté à son nom qu’en 1883. Il exprime aussi la liberté sur les questions secondaires, dans le cadre d’une foi commune.

Églises de professants

La communauté rassemble des personnes qui professent personnellement leur foi en Jésus-Christ. Les Églises locales adhèrent à une confession de foi et vivent une solidarité d’Union.

Place protestante actuelle

L’UEEL demeure membre de la Fédération protestante de France. Membre associé du CNEF de 2011 à 2019, elle devient membre de plein droit après le vote de son synode de Poitiers en 2019 ; le CNEF la répertorie parmi ses unions membres.

Source du complément : UEEL — ueel.org

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202627 / 49

John Nelson Darby

Les assemblées de Frères — CAEF et courant darbyste

  • CAEFunion, XXe s.
  • Assemblées ouvertes en Franceparcours variés, XIXe-XXe s.
  • Courant des Frères ouvertsrepère britannique : 1848
  • Frères de Dublin et Plymouth1827-1832
  • Réforme1517
Le mouvement des Frères naît à Dublin en 1827. Les premiers rassemblements des Frères dans les îles Britanniques et les communautés dissidentes issues du Réveil suisse — à Genève dès 1817, puis dans le canton de Vaud — ont des origines locales distinctes ; des relations se développent entre ces milieux avant l’arrivée de Darby à Genève en 1837. Ancien ministre de l’Église d’Irlande (anglicane), John Nelson Darby prêche à Genève dès l’automne 1837, puis dans d’autres milieux de Suisse romande, en Ardèche et dans le Midi, une Église sans clergé institué, rassemblée chaque dimanche autour de la Cène, où tout frère peut prendre la parole. Son enseignement et ses interventions suscitent des adhésions et des oppositions, contribuant aux ruptures de 1842 à Lausanne et à Genève. Le mouvement se divise en 1848, à la suite de l’affaire de Bethesda à Bristol, entre « Frères étroits » (darbystes stricts) et « Frères larges », ouverts à la coopération avec les autres évangéliques. En Suisse, les trajectoires sont diverses : des assemblées ouvertes prolongent des milieux dissidents issus du Réveil, tandis que d’autres résultent de ruptures ultérieures avec le darbysme.
Des rassemblements liés à Darby et à ses compagnons sont attestés en Ardèche et dans la Drôme en 1843. Après la séparation de 1848, les assemblées qui demeurent en communion avec Darby relèvent du courant dit « exclusif ». Bory mentionne également un congrès à Annonay en 1850. Les assemblées ouvertes, aux parcours variés — premières implantations dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis développement à la fin du siècle et au XXe siècle, avec des apports britanniques, suisses et italiens, selon les histoires publiées par les CAEF —, se sont fédérées dans les CAEF (Communautés et assemblées évangéliques de France), très actives dans l’implantation d’Églises et les œuvres bibliques. C’est aussi à Darby que l’évangélisme mondial doit la diffusion de la lecture « dispensationaliste » de la prophétie.

Repères complémentaires

Vie de l’assemblée

La direction locale est collégiale, généralement confiée à une équipe d’anciens. Le culte valorise la participation, les dons de chacun et la sainte cène.

Autonomie et coopération

La gouvernance demeure congrégationaliste, mais les Églises coopèrent pour la formation, la mission, la jeunesse, l’entraide et l’implantation de nouvelles communautés.

Une distinction importante

Les CAEF héritent surtout des « Frères larges », ouverts à la coopération évangélique ; ils ne se confondent pas avec toutes les assemblées darbystes dites « étroites ».

Source du complément : CAEF — caef.net

Pour approfondir : A. C. Smith, « J. N. Darby in Switzerland », Christian Brethren Review 34 (1983), p. 53-94 · J. N. Darby, lettre à G. V. Wigram, Lausanne, 21 janvier 1843 · Dictionary of Irish Biography — Darby · Dictionnaire historique de la Suisse — Darbystes · J.-P. Bory, Histoire des C.A.E.F. (4), 1996 · (5), 1996 · (13), 1998 · R. Kozycki, Repères, 2010.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202628 / 49

POUR ALLER PLUS LOIN

Pour approfondir

Trois repères pour mieux comprendre les Assemblées de Frères.
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Les différents courantsFrères ouverts, courants exclusifs et héritage des CAEF

Le mouvement des Frères prend forme au XIXe siècle à partir de plusieurs groupes de chrétiens. Il connaît une division majeure en 1848, lors de la controverse autour de l’assemblée de Bethesda, à Bristol. Le désaccord concerne notamment la reconnaissance de la communion avec d’autres assemblées.

Les Frères ouverts, ou larges, accueillent à la communion des croyants venant d’autres dénominations, selon les conditions reconnues localement. Les courants exclusifs issus de la ligne de Darby développent des règles de séparation et de reconnaissance entre assemblées plus strictes. Ils connaissent ensuite plusieurs divisions.

Situer les CAEF

Les Communautés et Assemblées évangéliques de France se rattachent à l’héritage des Frères ouverts. Elles ne représentent pas tous les groupes issus du mouvement des Frères. « Darbyste », « Frères » et « CAEF » ne sont donc pas des noms interchangeables.

Sources : Jean-Pierre Bory, Histoire des C.A.E.F. (4), 1996 ; Reynald Kozycki, Repères dans l’histoire des Assemblées de Frères, 2010 — présentations issues du courant des CAEF.

Fonctionnement et pratiquesResponsabilités partagées, vie locale et communion

Dans les CAEF, la direction de l’Église repose sur un conseil d’anciens. Certaines communautés ont un pasteur, considéré comme ancien parmi les anciens. La responsabilité locale s’accompagne de relations avec d’autres Églises et de projets communs : autonomie ne signifie pas absence de coopération.

La lecture et l’explication de la Bible, la prière et la Cène occupent une place importante. Dans la confession de foi du Réseau FEF publiée par les CAEF, le baptême exprime publiquement la foi personnelle du croyant ; la Cène rappelle et proclame la mort du Christ, et exprime la communion des croyants.

Une description située

Ces repères décrivent ici le fonctionnement revendiqué par les CAEF. Ils ne doivent pas être appliqués automatiquement à toutes les assemblées portant le nom de « Frères ».

Sources : Reynald Kozycki, Repères dans l’histoire des Assemblées de Frères, 2010 ; Confession de foi du Réseau FEF, article 9 (PDF publié par les CAEF).

Ce qui varie selon les assembléesLire un héritage commun sans supposer l’uniformité

Les CAEF présentent elles-mêmes leur histoire comme une rencontre d’influences diverses, unies par une confession de foi commune et par l’importance de la collégialité. Connaître la famille historique d’une Église donne des repères, mais ne suffit pas à décrire toute sa vie actuelle.

Pour comparer deux assemblées concrètes, on peut examiner plusieurs éléments :

  • La conduite de l’Église : qui assume les responsabilités et comment les décisions sont-elles prises ?
  • La vie du culte : comment se répartissent prédication, prière, chant et participation de l’assemblée ?
  • La communion : quelles conditions sont expliquées aux visiteurs pour participer à la Cène ?
  • Les relations extérieures : à quelle union ou à quel réseau la communauté se rattache-t-elle, et avec qui coopère-t-elle ?
Pour une comparaison juste

Il est utile de lire la présentation et les engagements publiés par chaque communauté. Les pratiques d’une assemblée particulière ne permettent pas de conclure que toutes les autres fonctionnent de la même manière.

Source de contexte : Jacques Nussbaumer, Une diversité en mouvement, Com’Union, 2020. Les questions ci-dessus constituent une grille de lecture proposée pour comparer les communautés.

Vous pouvez refermer chaque rubrique et poursuivre le parcours.

John Wesley

Les méthodistes — UEEMF

  • UEEMFFrance, XIXe-XXe s.
  • Méthodisme françaisNormandie, 1791
  • WesleyLondres, 1738
  • Moraves, piétisme1675-1727
  • Anglicanisme1534
  • Réforme1517
Le méthodisme prend forme au cœur de l’anglicanisme avec le « Holy Club » d’Oxford, dès 1729. Marqué par le témoignage des frères moraves — héritiers de Jan Hus et du piétisme luthérien — John Wesley vit à Aldersgate, en 1738, une expérience de la grâce qui donne au mouvement un élan évangélique décisif. Prédication en plein air, petits groupes et sainteté pratique : Wesley systématise et diffuse ces pratiques d’évangélisation, sans les avoir toutes inventées.
Arrivé en France dès 1791 par les îles anglo-normandes, le méthodisme français a essaimé en Normandie, dans le Midi et en Alsace. L’Union de l’Église évangélique méthodiste de France (UEEMF) poursuit cet héritage — et, par le mouvement de sainteté, le méthodisme exercera une influence majeure sur une partie du pentecôtisme.

Repères complémentaires

Accent spirituel

Le méthodisme unit grâce de Dieu, conversion personnelle et sanctification : la foi est appelée à transformer progressivement la conduite et le service du prochain.

Une méthode devenue mouvement

Wesley organise classes, petits groupes, prédicateurs itinérants et accompagnement mutuel. Cette structure souple soutient évangélisation, formation et action sociale.

Un héritage très large

Le mouvement de sainteté puis une partie du pentecôtisme sont sortis du tronc méthodiste. Son influence dépasse donc largement les seules Églises portant aujourd’hui ce nom.

Source du complément : UEEMF — ueem.umc-europe.org

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202629 / 49

Douglas Scott

Les pentecôtistes — ADD, Vie et Lumière, courant charismatique

  • ADD France1932-1933
  • Foyers françaisLe Havre et Paris, 1909 ; essor avec Scott, 1930
  • Foyers internationauxTopeka 1901, Azusa 1906 ; Grande-Bretagne dès 1907
  • Mouvement de saintetéXIXe s.
  • Méthodisme1738
  • Réforme1517
Après notamment Topeka en 1901, Azusa Street devient en 1906 le grand foyer international du pentecôtisme — le réveil de Los Angeles, autour du prédicateur afro-américain William J. Seymour — dans le sillage du mouvement de sainteté issu du méthodisme : au salut par la foi s’ajoute l’expérience du baptême du Saint-Esprit, accompagnée du parler en langues et de la prière pour les malades. Le mouvement gagne l’Europe du Nord et la Grande-Bretagne dès 1907 (Oslo, Sunderland), dans un christianisme britannique marqué par le réveil gallois de 1904-1905 ; des visiteurs puis des prédicateurs britanniques (Boddy en 1909, Douglas Scott en 1927 et 1930) accompagnent les foyers français.
Des foyers pentecôtistes sont attestés à Paris et au Havre en 1909, notamment au Ruban Bleu ; le Britannique Douglas Scott y séjourne en 1927, et son retour au Havre en janvier 1930 donne une nouvelle impulsion au mouvement. Les Assemblées de Dieu de France (ADD) s’organisent en 1932-1933 ; elles comptent aujourd’hui parmi les principales unions évangéliques du pays. Le réveil des gens du voyage, né à Lisieux en 1950 puis à Brest en 1952 autour de Clément Le Cossec, donne la mission Vie et Lumière (fondée en 1957, sous ce nom depuis 1961). À partir des années 1960-1970, le courant charismatique diffuse la même expérience dans toutes les familles d’Églises.
À retenir · Topeka (1901), Azusa Street (1906) et les développements français sont des étapes distinctes. L’héritage méthodiste et le mouvement de sainteté constituent des influences majeures, parmi d’autres. Les estimations mondiales varient fortement selon le périmètre retenu — pentecôtistes, charismatiques ou ensemble plus large — et doivent toujours être lues avec leur définition et leur source.

Repères complémentaires

Accent pentecôtiste

À la conversion et à l’autorité de la Bible s’ajoutent l’attente du baptême dans le Saint-Esprit, l’exercice actuel des dons spirituels et la prière pour les malades.

Plusieurs réseaux, un même courant

Les Assemblées de Dieu et Vie et Lumière partagent une origine pentecôtiste, mais possèdent des histoires, des publics et des structures propres.

Né dans des milieux protestants existants

Les premiers foyers de 1909, au Havre (mission du Ruban Bleu) et à Paris, naissent dans des milieux protestants déjà constitués ; des protestants d’autres Églises rejoignent ensuite le mouvement.

Du courant à toutes les familles

À partir des années 1960, le renouveau charismatique diffuse certaines pratiques pentecôtistes dans des Églises catholiques, réformées, baptistes ou indépendantes.

Sources du complément : ADDF — addfrance.fr ; Fabio Morin (Archives nationales des Assemblées de Dieu de France), échange avec l’auteur du dossier (repères non vérifiables ici) ; Kyu-Hyung Cho, The Move to Independence from Anglican Leadership: An Examination of the Relationship between Alexander Alfred Boddy and the Early Leaders of the British Pentecostal Denominations (1907-1930), thèse de doctorat, University of Birmingham, 2009, p. 2 ; Confidence (Sunderland), octobre 1909, rubriques « France », « Paris », « Havre » ; Darrin J. Rodgers, « This Week in AG History », AG News, 29 juin 2017 (d’après R. K. Ware, Pentecostal Evangel, 30 juin 1974) ; Marc Rizzolio, Formation de caractère et communauté de foi chez Stanley Hauerwas, thèse, Université de Strasbourg, 2020, p. 85-87 ; Musée protestant, La Mission évangélique tzigane de France (fondation du 28 décembre 1957, nom adopté le 26 février 1961) et Clément Le Cossec (1921-2001) (rassemblement de plus de mille personnes et vingt baptêmes à Brest en novembre 1954) ; clement-le-cossec.org (ministère à Brest dès 1952). Pour Lisieux, la date de 1950 suit les repères de Fabio Morin ; un témoignage repris par le Musée protestant indique 1951.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202630 / 49

Menno Simons — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu

Les mennonites — AEEMF, l’une des plus anciennes traditions d’Église de professants

Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connu. Sources

  • AEEMFAlsace, Est, auj.
  • Refuge alsacienXVIe-XVIIe s.
  • Menno SimonsPays-Bas, 1536
  • AnabaptistesZurich, 1525
  • Réforme1517
Au XVIe siècle, les anabaptistes subissent de fortes persécutions. Menno Simons, ancien prêtre catholique de Frise devenu dirigeant anabaptiste, consolide un courant pacifique et durable : les mennonites. Il n’organise cependant pas l’ensemble de l’anabaptisme, qui reste divers. Des familles réfugiées s’installent dès les XVIe-XVIIe siècles en Alsace et dans les principautés de l’Est ; c’est en Alsace qu’éclate en 1693 le schisme de Jakob Ammann, à l’origine des amish.
Les Églises mennonites de France (AEEMF) perpétuent l’une des plus anciennes traditions d’Église de professants du protestantisme : baptême du croyant, non-violence, simplicité et service du prochain. Dans les annuaires consultés le 28 octobre 2026, l’AEEMF figure parmi les unions du CNEF et comme membre en période probatoire de la FPF. Ces appartenances peuvent évoluer ; les annuaires permettent d’en vérifier le statut.

Repères complémentaires

Suivre Jésus concrètement

La tradition mennonite insiste sur la vie de disciple : foi confessée, baptême du croyant, communauté fraternelle, service du prochain et cohérence entre croyance et conduite.

Une Église de paix

La non-violence, la réconciliation et le refus historique du serment ou de la contrainte religieuse donnent à cette famille une place singulière dans le protestantisme.

Proches des baptistes, mais distincts

Baptistes et mennonites partagent l’Église de professants et le baptême du croyant. Leur histoire et certains accents éthiques restent toutefois différents.

Source du complément : AEEMF — Confession de foi mennonite, editions-mennonites.fr

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202631 / 49

William J. Seymour

Les Églises de la diversité — issues des migrations, souvent charismatiques

  • Églises de la diversitéFrance, dès 1960
  • Migrations, initiatives locales, réseaux transnationauxXXe s. ; apports juxtaposés
  • Traditions protestantes diversesles missions des XIXe-XXe s. sont l’un des apports
  • Réforme1517
L’expression « Églises de la diversité » désigne une catégorie sociologique et un paysage culturel et migratoire, pas une dénomination. Ces communautés, de traditions protestantes diverses, se constituent au fil des migrations, d’initiatives locales et de réseaux transnationaux : certaines prolongent des Églises fondées par les missions protestantes en Afrique, aux Antilles et en Asie, d’autres sont envoyées par une Église mère ou naissent sur place à partir des années 1960.
Les ensembles décrits par les études françaises citées dans ce dossier présentent souvent une sensibilité pentecôtiste ou charismatique, une organisation congrégationaliste et une population jeune. Ces tendances ne décrivent pas chaque assemblée : langues, liturgies, gouvernance et affiliations varient. Beaucoup rejoignent des unions existantes, dont certaines membres du CNEF ; d’autres restent indépendantes. Ces communautés prolongent plusieurs histoires missionnaires, plutôt qu’une branche institutionnelle unique.

Repères complémentaires

Une catégorie, pas une dénomination

« Églises de la diversité » décrit un paysage culturel et migratoire. Il ne s’agit ni d’une union unique ni d’une doctrine particulière.

Le mouvement missionnaire s’inverse

Des Églises autrefois évangélisées depuis l’Europe envoient désormais pasteurs, missionnaires et communautés vers la France : la mission devient véritablement mondiale.

Une grande variété

Beaucoup de ces communautés sont pentecôtistes ou charismatiques, mais pas toutes. Langues, liturgies, formes de gouvernance et affiliations nationales peuvent fortement varier.

Source du complément : catégorie de synthèse propre à ce dossier, définie ci-dessus ; repères CNEF ; Antoine Nouis, « Les Églises issues de l’immigration », Regards protestants, 19 janvier 2024 (section « Une mosaïque d’Églises »)

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202632 / 49

Portrait · réveil

Portrait de Nicolas de Zinzendorf

Nicolas de Zinzendorf

1700 – 1760 · Herrnhut · le réveil morave

  • Naissance1700, Dresde (Saxe)
  • Lieu d’actionHerrnhut, puis l’Europe, les Antilles et l’Amérique
  • Ce qu’il a laisséL’Église morave, la mission mondiale et la « religion du cœur »

Comte saxon élevé dans le piétisme — Spener est son parrain, Francke son maître à Halle —, Zinzendorf accueille en 1722 sur ses terres des réfugiés de Moravie, héritiers de l’Unité des Frères de Jan Hus. Le village qu’ils fondent s’appelle Herrnhut, « la garde du Seigneur ». Le 13 août 1727, au cours d’une sainte cène, la communauté divisée connaît un réveil qui la soude ; une chaîne de prière continue s’y met en place, qui durera plus de cent ans.

Dès 1732, Herrnhut envoie ses premiers missionnaires vers les esclaves des Antilles, puis au Groenland, en Afrique, en Amérique du Nord : pour la première fois, une Église protestante tout entière se fait missionnaire. Zinzendorf lui-même, devenu évêque morave, banni de Saxe pendant dix ans, voyage sans cesse et fonde Bethlehem en Pennsylvanie. Sa théologie est celle du cœur : une relation personnelle et tendre avec le Christ crucifié. « Je n’ai qu’une passion : c’est Lui, Lui seul. »

C’est à bord d’un navire pour la Géorgie, puis à Londres auprès du morave Peter Böhler, que John Wesley rencontre les moraves et leur assurance du salut : sa conversion d’Aldersgate (mai 1738) en découle, et l’été suivant il se rend à Herrnhut. Les moraves ont aussi laissé un petit livre lu chaque jour dans le monde entier depuis 1731, les Losungen ou « Paroles quotidiennes ».

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Zinzendorf est le trait d’union entre Hus et Wesley, et l’un des grands pionniers de la mission protestante moderne. La conversion personnelle, la piété du cœur, la prière persévérante et l’envoi de missionnaires ordinaires : tout ce que les Églises évangéliques tiennent pour essentiel s’est vécu à Herrnhut avant de se répandre.

« Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »

— le Christ crucifié fut le centre de sa prédication et de ses cantiques
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Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Portrait · le Désert

Marie Durand — Image d’origine inconnue, utilisée à titre d’illustration ; aucun portrait d’époque n’a été retrouvé

Marie Durand

1711 – 1776 · Aigues-Mortes · la résistance du Désert

Image d’origine inconnue, utilisée à titre d’illustration ; aucun portrait d’époque n’a été retrouvé. Sources

  • Naissance1711, Le Bouschet-de-Pranles (Vivarais)
  • Lieu d’enfermementLa tour de Constance, Aigues-Mortes : trente-huit ans
  • Ce qu’elle a laisséDes lettres, et un mot gravé dans la pierre — Résister — que la tradition lui attribue

Marie Durand n’a rien fondé, rien écrit pour le public, jamais prêché. Elle est la sœur de Pierre Durand, pasteur clandestin du Désert, pendu à Montpellier en 1732. Arrêtée en 1730, à dix-neuf ans, pour le seul crime d’être de cette famille, elle est enfermée à la tour de Constance, à Aigues-Mortes, avec d’autres femmes protestantes. Il lui aurait suffi d’abjurer pour en sortir. Elle y restera trente-huit ans.

Dans la salle haute de la tour, on lit encore, gravé sur la margelle du puits, le mot Register — « résister » en occitan ; la tradition l’attribue à Marie Durand. Ses lettres conservées la montrent organisant la vie des prisonnières, consolant les plus âgées, suppliant les autorités, remerciant les Églises d’Amsterdam qui envoient des secours, et priant. Elle est libérée en 1768 par le prince de Beauvau, gouverneur du Languedoc, bouleversé par ce qu’il découvre.

Elle rentre au Bouschet, sa maison pillée, et y meurt en 1776, onze ans avant l’édit de tolérance qui rendra une existence légale aux protestants. Sa maison natale est aujourd’hui un musée du protestantisme vivarois.

Pourquoi elle compte pour les Églises d’aujourd’hui

Cette fiche est celle d’une figure de fidélité. Au milieu de fondateurs, de réformateurs et de prédicateurs, Marie Durand rappelle que la foi des familles d’Églises a aussi tenu par des croyants sans rôle ni titre, qui n’ont eu à offrir que leur constance. Les réformés du Désert, et toutes les Églises persécutées d’aujourd’hui, se reconnaissent en elle.

« Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. »

— le verset que les protestants français ont associé à sa fidélité
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Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Portrait · réveil

Portrait de Robert Haldane

Robert Haldane

1764 – 1842 · Genève · le Réveil de Genève

  • Naissance1764, Londres, dans une famille écossaise
  • Lieu d’actionL’Écosse, puis Genève (1816-1817) et Montauban
  • Ce qu’il a laisséLe Réveil de Genève et une génération de pasteurs qui ont réveillé la France

Aspirant de marine (midshipman) dans la Royal Navy, notamment de 1780 à 1783, puis riche propriétaire écossais, Haldane se convertit vers 1795 et vend son domaine d’Airthrey pour financer l’évangélisation de l’Écosse avec son frère James Alexander, qui avait servi dans la Compagnie britannique des Indes orientales : écoles de prédicateurs, lieux de culte, envoi d’évangélistes. Il devient l’un des artisans du renouveau évangélique écossais, hors de l’Église établie.

À l’automne 1816, il arrive à Genève, la ville de Calvin, et trouve une Académie où l’on n’enseigne plus guère la divinité du Christ ni le salut par la grâce. Il ouvre son salon aux étudiants en théologie et leur explique, soir après soir, l’épître aux Romains. Autour de sa table se trouvent Merle d’Aubigné, le futur historien de la Réforme, Frédéric Monod, Louis Gaussen, Henri Pyt, Ami Bost : la génération du Réveil. Il poursuit à Montauban, auprès de la faculté protestante, jusqu’en 1819.

Son commentaire de l’épître aux Romains, tiré de ces soirées, restera un classique. Les hommes qu’il a réveillés fondent des sociétés bibliques et missionnaires, des Églises libres — à Genève en 1849, en France la même année avec Frédéric Monod — et redonnent au protestantisme français son élan évangélique.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Haldane montre qu’un réveil peut naître d’une simple étude biblique menée avec sérieux. Les libristes, une part des réformés évangéliques, les sociétés d’évangélisation du XIXe siècle et, par elles, bien des Églises évangéliques actuelles descendent de ce salon genevois où l’on lisait Romains.

« Car je n’ai point honte de l’Évangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. »

— l’épître aux Romains fut le texte de ses soirées genevoises
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Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

John et Carol Arnott1994

Catch The Fire — le rameau néo-charismatique issu de Toronto

  • CTF Lyonassociation cultuelle, 2017
  • Catch The Fire Toronto et réseau Catch The Fire Worldmai 2010
  • Toronto Airport Christian Fellowshipséparation d’avec Vineyard, déc. 1995 ; nom 1996
  • Bénédiction de Toronto1994
  • Vineyard, « troisième vague »dès 1982
  • Renouveau charismatiquedès 1960
  • Azusa Street1906
  • Réforme1517
Le 20 janvier 1994, des réunions conduites par le pasteur Randy Clark dans la Toronto Airport Vineyard — Église dirigée par John et Carol Arnott — ouvrent une vague de renouveau connue sous le nom de « Bénédiction de Toronto ». Prière pour la guérison, prophétie, thème de l’amour du Père, prière contemplative et manifestations corporelles diverses attirent en quelques mois des visiteurs du monde entier. Le mouvement traverse de nombreuses dénominations et suscite d’importants débats théologiques, y compris en milieu évangélique et charismatique : ses participants y lisent une visitation du Saint-Esprit, d’autres en discutent les manifestations et les fruits.
En décembre 1995, Vineyard met fin à l’affiliation de l’Église de Toronto : ses responsables, John Wimber en tête, estiment que la place prise par certaines manifestations devait céder devant les éléments centraux de l’Écriture. L’Église devient indépendante sous le nom de Toronto Airport Christian Fellowship, puis prend celui de Catch The Fire ; le réseau Partners in Harvest, né du même milieu, lui est intégré en 2019. C’est cette rupture qui fait de Catch The Fire un réseau autonome, et non une branche de Vineyard.
Le réseau ne se présente pas comme une dénomination centralisée mais comme une famille relationnelle et apostolique ; en août 2026, son site mondial annonce 181 Églises, ministères, missions et réseaux, dans 30 pays et 16 langues, de Montréal à Zurich, Oslo, Sydney ou Hong Kong. Les Églises locales gardent leur autonomie et reçoivent du réseau formation et accompagnement. Sa confession de foi affirme le Dieu trinitaire, l’autorité de la Bible, la divinité et la résurrection corporelle du Christ, la nécessité de la nouvelle naissance et l’actualité des dons du Saint-Esprit. Elle rejoint ainsi les convictions communes exposées à la page 43, tout en affirmant explicitement des points que ce socle ne détaille pas.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202636 / 49

Catch The Fire en France et dans le paysage charismatique

Au 13 août 2026, Catch The Fire Lyon est la seule entrée française visible dans l’annuaire officiel du mouvement ; cette donnée peut évoluer. L’association cultuelle protestante évangélique est constituée en janvier 2017 dans le 6e arrondissement de Lyon. L’adresse d’un lieu de réunion ne se confond pas avec le siège juridique de l’association. La communauté propose aussi des écoles et des sessions sur la prière, l’identité en Christ, la guérison intérieure et les dons spirituels. Aucune des sources publiques consultées ne documente une affiliation à la FPF ou au CNEF.
Pentecôtisme classique1901-1906

De nouvelles dénominations naissent : Assemblées de Dieu, Église de Dieu, et en France les ADD.

Renouveau charismatiquedès 1960

Les dons spirituels se diffusent à l’intérieur des Églises existantes, catholiques comprises.

Néo-charismatisme1980-1990

Réseaux non dénominationnels : Vineyard, puis Toronto et Catch The Fire.

À retenir · Catch The Fire appartient au protestantisme évangélique néo-charismatique et partage son socle trinitaire. La suite Azusa → renouveau charismatique → Vineyard → Toronto décrit des influences et des contextes successifs, pas une filiation institutionnelle continue. L’affiliation de l’Église de Toronto au Vineyard a pris fin en décembre 1995.

Repères complémentaires

Structure du réseau

Catch The Fire se présente comme une famille relationnelle et apostolique. Les communautés locales gardent leur autonomie tout en recevant accompagnement, formation et relations internationales.

Socle confessionnel

Sa confession de foi affirme notamment le Dieu trinitaire, l’autorité biblique, la divinité et la résurrection corporelle du Christ, la nouvelle naissance et l’actualité des dons spirituels.

Accent spirituel propre

Le langage de « l’amour du Père », de l’identité en Christ, de la guérison intérieure et de l’écoute prophétique marque fortement ses écoles et ses ministères.

Sources du complément : Catch The Fire Global et Catch The Fire Lyon

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202637 / 49

Ellen G. White

Les adventistes du septième jour — une branche voisine, issue du millérisme

  • Adventistesunion, 1863
  • Ellen Whitedès 1845
  • MillérismeMiller, 1844
  • Second RéveilUSA, 1790-1840
  • Réforme1517
Après la Grande Déception de 1844, une partie des milléristes conclut que la date marquait non pas le retour du Christ mais une étape de son œuvre céleste. Avec Joseph Bates, James White, Ellen White et d’autres pionniers, ce groupe se structure et adopte le repos du septième jour : l’Église adventiste du septième jour est officiellement organisée en 1863. Trinitaire, elle est présente en France depuis la fin du XIXe siècle ; membre de la Fédération protestante de France, elle n’appartient pas au CNEF. Sa place par rapport au monde évangélique fait l’objet de classifications discutées : elle en est proche par la piété biblique et l’évangélisation, tout en se distinguant par le sabbat et la place reconnue aux écrits d’Ellen White. Les adventistes se définissent eux-mêmes comme chrétiens protestants.

Repères complémentaires

Deux repères visibles

Le sabbat est observé du vendredi soir au samedi soir, et l’attente du retour du Christ structure fortement la prédication, la spiritualité et le nom même du mouvement.

Foi, santé et service

L’adventisme associe évangélisation, éducation, santé, aide humanitaire et défense de la liberté religieuse. Ces œuvres expliquent une présence sociale plus large que ses assemblées locales.

Position dans le paysage français

L’Église adventiste confesse la Trinité et se situe dans le protestantisme ; elle est membre de la FPF, mais ne relève pas du CNEF. Les écrits d’Ellen White gardent chez elle une place particulière.

Source du complément : Union adventiste — adventiste.org et ufbl.adventiste.org

Ce dossier situe les traditions selon leur confession trinitaire — Nicée-Constantinople (325-381) — et leur rapport à l’Écriture. Ces repères doctrinaux ne portent aucun jugement sur la sincérité, la piété ou la valeur des personnes.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202638 / 49

Charles T. RussellJoseph F. Rutherford

Les Témoins de Jéhovah — une racine protestante, une sortie du tronc commun

  • Témoins de JéhovahRutherford, 1931
  • Étudiants de la BibleRussell, 1879
  • Second-adventismeStorrs, Barbour
  • MillérismeMiller, 1844
  • Réforme1517
Les Témoins de Jéhovah sont issus des courants second-adventistes nés du millérisme, selon une trajectoire distincte de celle des adventistes du septième jour. Ils partagent un terreau avec l’évangélisme américain : le Second Réveil et son rêve de restaurer le christianisme primitif. Quand l’annonce du retour du Christ pour 1844 échoue, le mouvement millérite éclate ; c’est au contact d’anciens milléristes (George Storrs, Nelson Barbour) que Charles T. Russell forge dans les années 1870 sa doctrine : chronologies prophétiques, annihilation des méchants plutôt qu’enfer, et rejet de la Trinité — le Fils y est la première créature de Dieu, christologie non nicéenne et subordinationiste, distincte des confessions protestantes trinitaires.
En 1879, Russell lance La Tour de Garde. Après sa mort en 1916, Joseph Rutherford réorganise une partie des Étudiants de la Bible, qui prendra le nom de Témoins de Jéhovah le 26 juillet 1931, à Columbus. Il s’agit d’une scission : plusieurs groupes refusent cette direction et subsistent séparément. Parmi eux figurent l’Institut pastoral de la Bible (1918), les Amis de l’Homme d’Alexandre Freytag en Suisse, le Mouvement missionnaire intérieur laïque de Paul Johnson (1919, dit « de l’Épiphanie »), l’association de l’Aurore (1932) et les Étudiants de la Bible libres. Plusieurs de ces groupes ont des assemblées en France et en Europe. L’assistance aux réunions chute de près de 75 % entre 1922 et 1928.

Les changements sous Rutherford

Cette réorganisation s’accompagne de changements successifs : prophétie d’Armageddon manquée en 1925, abandon de Noël (fêté une dernière fois au Béthel en 1926) et de la pyramidologie en 1928, suppression du comité de rédaction et adoption du nom « Témoins de Jéhovah » en 1931, doctrine de la « grande foule » et refus du salut au drapeau en 1935, rejet de la croix en 1936 et gouvernement théocratique en 1938.

L’écart avec la confession trinitaire précède Rutherford : Russell enseignait déjà que le Fils avait reçu la divinité comme un don et que l’Esprit saint était la manifestation de la puissance de Dieu, plutôt qu’une personne. Une fraction des Étudiants de la Bible devient donc les Témoins de Jéhovah ; les autres poursuivent leurs trajectoires séparées.

Les Églises protestantes ne les reconnaissent pas comme une famille protestante, et eux-mêmes ne se réclament pas du protestantisme : ils se présentent comme la restauration du christianisme primitif. Présents en France depuis le début du XXe siècle, les Témoins n’appartiennent ni à la FPF ni au CNEF : leur doctrine antitrinitaire les situe hors du protestantisme confessant, qui tient la divinité pleine du Christ (Nicée, 325) pour le cœur de la foi. Leur histoire montre en revanche d’où ils viennent : d’un rameau du protestantisme américain du XIXe siècle, courant restaurationniste dont les doctrines divergent des confessions protestantes trinitaires. Cette dernière appréciation relève d’une comparaison théologique.
À retenir · mêmes racines lointaines que les évangéliques (réveils américains, restaurationnisme), mais une rupture doctrinale — la Trinité — qui les place hors du tronc commun protestant.

Le repère doctrinal de cette comparaison est la confession trinitaire de Nicée (325), achevée à Constantinople (381). Un rapprochement avec l’arianisme ancien peut éclairer un point doctrinal sans superposer les situations historiques. Les appréciations sur le rapport au sola scriptura relèvent d’une lecture théologique protestante. La différence porte sur des doctrines, jamais sur la valeur des personnes : cette annexe présente une généalogie, pas une mise en garde. La frise et l’animation distinguent cette trajectoire en gris, hors du tronc commun.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202639 / 49

Animation · synthèse

Des foyers de naissance aux implantations en France

Un repère visuel simplifié : les lignes représentent des trajectoires historiques, non nécessairement des filiations institutionnelles directes. Les deux tableaux récapitulatifs « qui vient d’où ? » détaillent et nuancent chaque cas.

Lecture en boucle, avec pause et reprise. Les tableaux suivants restent la référence détaillée.

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Lire les trajectoires et les sigles

* EPUdF : l’union actuelle date de 2013 ; les dates du XVIe siècle désignent ses racines luthériennes et réformées. ** Témoins de Jéhovah : issus d’une branche des courants second-adventistes nés du millérisme, ils se situent hors du protestantisme et de ses confessions de foi trinitaires, et ne relèvent ni de la FPF ni du CNEF. *** Catch The Fire : réseau évangélique néo-charismatique international, avec une présence française identifiée à Lyon depuis 2017 ; son affiliation à la FPF ou au CNEF n’est pas documentée dans les sources publiques consultées.

Les traits indiquent une trajectoire historique simplifiée entre un foyer de formation et un repère français. Ils ne prouvent pas, à eux seuls, une filiation directe, une influence exclusive ou une affiliation institutionnelle.

Repères français : premiers foyers pentecôtistes au Havre et à Paris en 1909 ; essor avec Douglas Scott en 1930 ; organisation des ADD en 1932-1933. Pour Vie et Lumière : réveil à Lisieux en 1950 puis à Brest en 1952, mission fondée en 1957, nom adopté en 1961. Le pointillé gris distingue la trajectoire comparative des Témoins de Jéhovah.

Une foi partagée,
des manières différentes de vivre l’Église

Après les filiations, voici les pratiques. Ce tableau donne des tendances : à l’intérieur d’une même famille, les usages et les formulations peuvent varier. Le nom d’une Église ne dit pas tout de sa vie.

Baptême, Cène, organisation et culte dans treize familles et courants, et trois réseaux ou œuvres présentés dans le parcours
FamilleQui reçoit le baptême ?Comment comprendre la Cène ?Organisation et vie du culte
LuthériensEnfants et adultes ; le don de Dieu précède la réponse du croyant.Présence réelle du Christ, qui se donne avec le pain et le vin.Conseils et synodes ; évêques dans certaines Églises. Liturgie et chant de l’assemblée.
RéformésEnfants et adultes ; signe de l’alliance et de la grâce.Chez Calvin, communion au Christ par l’Esprit. Les accents varient selon les courants.Conseils locaux et synodes. Prédication et lecture biblique au centre du culte.
AnglicansEnfants et adultes, avec une profession de foi et un accompagnement chrétien.Eucharistie ; diversité d’accents évangéliques et anglo-catholiques.Évêques, clergé et synodes. Prière liturgique commune, avec des pratiques variées.
MennonitesSur profession personnelle de foi ; le mode varie selon les communautés.Mémoire du Christ et communion de l’Église, liées à la réconciliation fraternelle.Responsabilité de la communauté et de ses ministres. Vie de disciple, paix et service.
BaptistesSur profession personnelle de foi, généralement par immersion.Repas de mémoire et de communion ; les conditions d’accueil peuvent varier.Église locale autonome, avec pasteurs et conseil. Coopération au sein d’unions.
LibristesDans l’UEEL, sur profession de foi ; un baptême reçu enfant peut être reconnu.Repas du Seigneur célébré par la communauté ; fréquence et accueil variables.Églises de professants, conseils locaux et vie d’union. Prédication et témoignage.
Assemblées de FrèresDans les CAEF, baptême du croyant par immersion ; certains courants darbystes diffèrent.La fraction du pain est centrale, souvent hebdomadaire. Accueil variable selon les assemblées.Conduite collégiale par des anciens. Participation de plusieurs membres ; usages divers.
MéthodistesEnfants et adultes dans la tradition méthodiste ; diversité selon les unions.Un moyen de grâce : le Christ nourrit la foi de la communauté.Églises reliées par des conférences ou synodes. Chant, formation et engagement social.
PentecôtistesBaptême du croyant, généralement par immersion ; distinct du baptême dans l’Esprit.Mémoire de la mort du Christ et communion fraternelle.Organisations variables. Place importante de la louange, de la prière et des dons spirituels.
Vie et LumièrePar immersion, pour des adultes qui confessent leur foi ; c’est la seule forme tenue pour recevable.Mémoire de la mort du Christ et communion fraternelle, dans la ligne pentecôtiste.Pasteurs et prédicateurs issus du monde du voyage. Grands rassemblements (Nevoy) et missions itinérantes l’été.
Églises de la diversitéLe plus souvent baptême du croyant par immersion ; celles qui viennent d’Églises réformées, luthériennes ou méthodistes du Sud baptisent aussi des enfants.Selon la famille d’origine : repas de mémoire et de communion, ou sacrement.Souvent autonomes, autour d’un pasteur et d’un conseil ; unions, CNEF ou indépendance. Louange ample, prière, langues d’origine.
Catch The FireBaptême du croyant par immersion, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.L’une des deux ordonnances laissées par le Christ, avec le baptême.Réseau relationnel : Églises locales autonomes, accompagnées par le réseau. Louange, prière pour les personnes, accent sur l’amour du Père.
Adventistes du septième jourSur profession de foi, par immersion, après une préparation biblique.Mémoire et communion au Christ ; le lavement des pieds accompagne la célébration.Églises locales reliées en fédérations et unions. Culte du sabbat, le samedi.
Réseaux et œuvres contemporains — présentés en annexe ; ce ne sont pas des familles au même titre que les précédentes
CMFI / CMCIPar immersion ; sa confession de foi en fait un passage demandé à tout disciple.La confession de foi affirme la sainte Cène sans en détailler la compréhension.Un dirigeant de l’œuvre et son équipe ; « pas de chef spirituel humain », le Christ étant chef de l’Église. Prière, discipulat, implantation d’Églises.
HopeslandPar immersion, « témoignage public » de l’engagement du croyant.Les textes publics consultés ne précisent pas sa compréhension.Association (2025) et réseau de communautés partenaires, organisé selon les « cinq ministères » d’Éphésiens 4.11. Dons de l’Esprit, guérison, délivrance.
Ellel MinistriesSans objet : Ellel est une œuvre au service des Églises, non une Église ; le baptême relève de l’Église de chaque participant.Ses déclarations de foi n’en parlent pas ; Ellel renvoie chaque participant à son Église locale.Centres de formation et de prière (en France, Saint-Laurent-du-Pont), ouverts à des chrétiens de diverses Églises. Guérison intérieure, délivrance, discipulat.
Trois repères pour bien lire

Le baptême du croyant concerne une personne qui confesse elle-même sa foi ; il n’est pas réservé aux seuls adultes. Le mot « sacrement » est habituel chez les luthériens, réformés, anglicans et méthodistes ; plusieurs milieux évangéliques préfèrent « ordonnance ». Enfin, les Églises issues des migrations et les renouveaux charismatiques peuvent relever de plusieurs familles : leur diversité ne se laisse pas enfermer dans une seule ligne.

Sources et portée du tableau

Les fiches du parcours donnent le contexte de chaque famille. Ce tableau rapproche leurs pratiques sans présenter une union particulière comme représentative de toutes les autres. Pour les réseaux récents et les œuvres présentés en annexe, il s’appuie sur leurs propres déclarations de foi : quand une case indique que les textes ne précisent pas un point, il s’agit d’un silence des sources publiques, non d’une absence de pratique. Les Témoins de Jéhovah sont présentés à part, parce qu’ils ne partagent pas la foi trinitaire commune. Pour connaître une Église locale, sa confession de foi et ses responsables restent les interlocuteurs les plus précis.

Pour approfondir : Musée protestant — Le baptême chez les protestants · Fédération luthérienne mondiale — L’identité luthérienne · Église d’Angleterre — Les Trente-neuf Articles, notamment XXV à XXVIII · Regards protestants — Les réformés · FEEBF — Confession de foi et organisation · UEEL — Textes de l’Union (2021) · CAEF / Servir — Salut, baptême et sainte Cène · Conférence mennonite mondiale — Convictions communes · Église méthodiste unie — Comprendre le baptême · Église adventiste — Croyances fondamentales, baptême et Cène · Musée protestant — La Mission évangélique tzigane de France · Catch The Fire Boulder — What We Believe (confession d’une Église du réseau) · CMCI Sud France — Confession de foi · Hopesland Ministries — Qui sommes-nous · Ellel Ministries — About · Témoins de Jéhovah — Pourquoi se vouer à Dieu et se faire baptiser ? · Témoins de Jéhovah — Le Repas du Seigneur.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202640 / 49

Tableau récapitulatif : qui vient d’où ?


Une ligne par famille : naissance du courant, arrivée en France, racine principale. Les portraits se lisent de gauche à droite, du plus proche de nous vers la racine la plus ancienne. Les contacts et les influences ne constituent pas nécessairement une filiation institutionnelle directe.

Réformés évangéliques
(UNEPREF)

Naissance

Genève, 1536

En France

Paris, 1555
(huguenots)

Racine

Calvin — Réforme magistérielle

Antoine Court — Aucun portrait d’Antoine Court n’a été retrouvé : ses initiales remplacent le visageJean CalvinMartin Luther

Luthériens et réformés unis
(EPUdF)*

Naissance

1517 / 1536

En France

XVIe s. ;
union en 2013

Racine

Luther et Calvin

Jean CalvinMartin Luther

Mennonites (AEEMF)

Naissance

Zurich, 1525

En France

Alsace, XVIe-
XVIIe s.

Racine

Réforme radicale (anabaptisme)

Menno Simons — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connuMartin Luther

Baptistes (FEEBF,
AEEBLF…)

Naissance

Amsterdam, 1609

En France

Nomain,
v. 1810-1820

Racine

Origine : séparatisme anglais. Influence doctrinale des mennonites waterlandais sur le premier groupe après les baptêmes

Origines du premier groupe baptiste, vers 1609John Smyth — Attribution non confirmée ; image utilisée à titre d’illustrationPuritains et séparatistes anglais
v. 1580-1607
Réforme anglaise
1534

Libristes (UEEL)

Naissance

Paris, 1849

En France

Paris, 1849

Racine

Huguenots + Réveil de Genève

Frédéric MonodRobert HaldaneJean Calvin

Assemblées de Frères
(CAEF)

Naissance

Dublin, Plymouth,
1827-1832

En France

Premières implantations ouvertes, seconde moitié du XIXe s. ; essor au XXe s.

Racine

Courant des Frères ouverts ; apports britanniques, suisses et italiens ; héritage du Réveil romand revendiqué. Distincts des assemblées darbystes

Rattachement des CAEF au courant des Frères ouvertsAssemblées ouvertes en France
parcours variés
Courant des Frères ouverts
repère britannique : 1848
Frères de Dublin et Plymouth
1827-1832

Méthodistes (UEEMF)

Naissance

Oxford, 1729 ;
Aldersgate, 1738

En France

Normandie, 1791

Racine

Wesley — anglicanisme + moraves

John WesleyNicolas de ZinzendorfMartin Luther

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202641 / 49

Qui vient d’où ? — suite


Les familles pentecôtistes et charismatiques et les adventistes ; les Témoins de Jéhovah figurent à part, hors du tronc commun. Les foyers internationaux du pentecôtisme sont distincts des fondations des organisations françaises : ADD en 1932-1933 ; mission tzigane en 1957, devenue Vie et Lumière en 1961.

Assemblées de Dieu
(ADD)

Foyers du courant

Topeka (1901), Azusa Street (1906) ; Grande-Bretagne dès 1907

En France

Foyers attestés au Havre et à Paris, 1909 ; Scott 1927 et 1930 ; union 1932-1933

Racine

Pentecôtisme ; mouvement de sainteté issu du méthodisme, influence majeure parmi d’autres

Foyers et relaisDouglas ScottFoyers français
1909 · essor 1930
Pentecôtisme britannique
1907 · Boddy au Havre 1909
Foyers américains
1901-1906

Vie et Lumière
(gens du voyage)

Foyers du courant

Assemblées de Dieu de France (1932-1933)

En France

Réveil : 1950-1952 ; mission : 1957 ; nom : 1961

Racine

Pentecôtisme français ; mission née dans les Assemblées de Dieu

Origine de la missionClément Le CossecAssemblées de Dieu de France
1932-1933
Foyers français
1909 · essor 1930

Renouveau
charismatique

Naissance

Californie, 1960 ; vague mondiale 1960-1980

En France

Dès les
années 1960

Racine

Courant : influence du pentecôtisme sur des Églises préexistantes (catholiques, réformées, baptistes, indépendantes), qu’il ne fonde pas

Influence sur des Églises préexistantesÉglises existantes
toutes familles
Pentecôtisme
dès 1901

Églises de
la diversité

Naissance

Communautés de traditions protestantes diverses, constituées au fil des migrations, d’initiatives locales et de réseaux transnationaux

En France

Dès les années 1960, avec les migrations

Racine

Catégorie, non dénomination : plusieurs histoires ; les missions des XIXe-XXe siècles sont l’un des apports ; sensibilité souvent pentecôtiste ou charismatique

Apports juxtaposés, non généalogieMigrationsInitiatives
locales
Réseaux
transnationaux
Apports
missionnaires

Catch The Fire
(réseau international)***

Naissance

Toronto, 1994

En France

Lyon, 2017

Racine

Renouveau charismatique, via Vineyard

John et Carol Arnott

Adventistes du
septième jour

Naissance

États-Unis,
1844-1863

En France

Fin du XIXe s.

Racine

Millérisme — Second Réveil

Ellen G. WhiteMartin Luther

Hors du tronc commun : les Témoins de Jéhovah, nés du même terreau millérite que les adventistes, ne se réclament pas du protestantisme et n’y sont pas reconnus. Voir l’annexe comparative →

*L’EPUdF appartient au protestantisme historique (FPF) et non au CNEF ; elle figure ici pour que chacun situe l’ensemble de la famille protestante.

***Catch The Fire est un réseau évangélique néo-charismatique international ; sa présence française officiellement identifiée est à Lyon depuis 2017. Son affiliation à la FPF ou au CNEF n’est pas documentée dans les sources publiques consultées.

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Pl. 40 — Maisons communesRelevé · France · 1905 / 2010Éch. 1 : 1

Page I · vue d’ensemble

Les deux grandes maisons communes

Deux ensembles distincts, une zone de recouvrement réelle. La FEEBF illustre une double appartenance ; d’autres unions participent aussi aux deux ensembles.

Pour plus de détails sur ces trois sigles FPF · CNEF · FEEBF

A · 1905

FPF

Fédération protestante de France

courants luthéro-réforméscourants évangéliques

B · 2010

CNEF

Conseil national des évangéliques de France

unions d’Églisesœuvres évangéliques

Un exemple

FEEBF

exemple de double appartenance

Note du relevé

La FEEBF est un exemple de double appartenance. Le CNEF fédère des unions d’Églises et des œuvres protestantes évangéliques ; l’expression « Églises de professants » n’en donne pas une définition juridique exhaustive. Le schéma est simplifié : la taille des cercles ne représente pas les effectifs.

Les doubles appartenances

Huit unions, au-delà d’un seul exemple

La FEEBF n’est pas seule à appartenir aux deux organismes. L’annuaire du CNEF réunit ces huit unions dans son « pôle évangélique de la FPF » :

AEEMF
Association des Églises évangéliques mennonites de FranceÀ la FPF : membre en période probatoire
CÉPÉE
Communion d’Églises protestantes évangéliques
ERNC
Églises du réseau nouvelles connexions
FEEBF
Fédération des Églises évangéliques baptistes de France
UEEAF
Union des Églises évangéliques arméniennes de France
UEEL
Union des Églises évangéliques libres de France
UEEMF
Union de l’Église évangélique méthodiste de France
UNEPREF
Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France

Liste de ce pôle consultée le · Vérifier l’annuaire du CNEF. Les appartenances peuvent évoluer ; cette liste ne décrit pas toutes les relations entre les deux organismes. Statut de l’AEEMF : liste des membres de la FPF, consultée le 28 octobre 2026.

Repères · héritage et unité

Un héritage chrétien commun, quatre piliers d’unité

Les principales familles protestantes présentées s’inscrivent dans un héritage chrétien commun, enraciné dans les premiers crédos. Les quatre repères ci-dessous éclairent ce qui les rapproche, dans la diversité de leurs traditions et de leurs formulations de foi.

01
La foi en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit

Un repère trinitaire des grandes confessions protestantes, enraciné dans les crédos de l’Église ancienne.

02
Une référence aux Écritures

La Bible nourrit la foi. Les traditions protestantes en proposent des lectures et des interprétations diverses.

03
Le salut par grâce, par la foi

La charte de la FPF et la référence de foi du CNEF affirment le salut reçu par la foi, comme un don de Dieu.

04
Une communion à faire vivre

Dialogue, entraide et coopération font vivre cette unité dans le respect des identités des Églises et des unions.

Cet héritage commun s’exprime dans des cadres institutionnels distincts. Au CNEF, les membres partagent la Déclaration de foi de l’Alliance évangélique. À la FPF, ils adhèrent à une charte commune tout en conservant leurs propres formulations de foi. Ces quatre piliers constituent une synthèse pédagogique de l’héritage commun, pas un texte d’adhésion commun aux deux organismes ni une description de la foi individuelle de chaque membre.

Sources : FPF — convictions et crédos, charte ; CNEF — référence de foi commune ; Alliance évangélique mondiale — déclaration de foi trinitaire (anglais). Repères vérifiés le 28 octobre 2026. Voir aussi la présentation de la FEEBF.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202643 / 49
Pl. 41 — Œuvres communesFormer · traduire · implanter · servirÉch. 1 : 1

Page II · réseaux de coopération

Les œuvres communes : former, envoyer, servir

Une généalogie ne se lit pas seulement dans les unions d’Églises. Depuis un siècle et demi, les familles se rencontrent surtout dans des œuvres qu’aucune n’aurait pu porter seule — et c’est souvent là que les rapprochements ont commencé, bien avant les structures officielles.

Former

Instituts et facultés de théologie où baptistes, libristes, Frères, méthodistes et pentecôtistes étudient côte à côte. Cette coopération précède les années 1960 : l’Institut biblique de Nogent est interdénominationnel depuis 1921.

Traduire et diffuser

Sociétés bibliques, maisons d’édition, librairies : la traduction et la diffusion bibliques deviennent progressivement un chantier interconfessionnel. Lefèvre d’Étaples précède la constitution de la plupart des familles présentées.

Implanter

Missions d’implantation d’Églises — Perspectives et bien d’autres — qui travaillent dans les villes sans témoignage évangélique.

Servir

Entraide, aumôneries d’hôpital et de prison, accueil des plus fragiles : la Mission populaire (Robert McAll, Belleville, 1872) et l’Armée du Salut (en France depuis 1881) sont deux expressions majeures de cette action sociale, parmi d’autres ; elles n’en sont pas les seules origines.

Notes de lecture

Travailler ensemble sans devenir identiques

Une œuvre commune naît lorsqu’un besoin dépasse les moyens d’une seule famille d’Églises. Elle permet de réunir des compétences et des ressources autour d’une mission précise, sans effacer les convictions ni les responsabilités propres de chaque partenaire.

CRIT. 01

Un but délimité

Former, traduire, envoyer ou servir constitue un objectif commun. L’accord porte d’abord sur cette tâche ; il ne suppose pas une identité complète de doctrine, de liturgie ou de gouvernement d’Église.

CRIT. 02

Une gouvernance identifiable

Une faculté, une mission ou une œuvre sociale possède normalement ses propres responsables, statuts et règles de contrôle. Participer à son activité ne signifie pas devenir membre d’une nouvelle Église.

CRIT. 03

Un effet historique réel

Les relations de confiance créées dans le travail quotidien peuvent préparer des rapprochements plus larges. Mais une coopération ancienne ne prouve pas, à elle seule, une affiliation actuelle.

Œuvre commune ≠ union d’Églises

Une œuvre rassemble des personnes ou des institutions autour d’un service ; une union d’Églises organise une appartenance ecclésiale durable. Certaines œuvres naissent dans une famille puis s’ouvrent à d’autres ; certaines restent volontairement interconfessionnelles.

Trois questions utiles

Qui porte juridiquement l’œuvre ?

Quelle mission précise partage-t-elle ?

Que signifie réellement y participer ?

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202644 / 49
Animation · lire une fiche

Remonter une filiation, maillon par maillon

Chaque fiche se lit de gauche à droite : de l’union actuelle vers ses racines, jusqu’à la Réforme. L’animation remonte les chaînes de sept familles, l’une après l’autre.

Les baptistes Survolez pour mettre en pause — les pages 24 et 26 à 31 font référence.
Les routes de l’Évangile : l’aller-retour atlantique

Le mouvement de sainteté est une influence majeure, mais le pentecôtisme ne résulte pas d’une seule chaîne causale partant de Wesley ; la carte distingue les foyers américains, la diffusion en Grande-Bretagne (1907) et la venue de prédicateurs britanniques en France (1930).

Animation · les trois cartes

Les routes en mouvement

Sur un fond géographique, les flèches des trois cartes se dessinent une à une, dans l’ordre du temps : racines européennes, aller-retour atlantique, puis points d’entrée en France.

Fond géographique simplifié : Natural Earth, domaine public. Les positions restent approximatives ; les pages 45 à 47 font référence.

Cinq malentendus fréquents

Cinq phrases entendues souvent, et ce que l’histoire des familles permet d’y répondre.

Malentendu 1

« Les évangéliques, c’est américain. »

Les mennonites arrivent en Alsace au XVIe siècle, des rassemblements de Frères sont attestés en Ardèche en 1843, les libristes naissent à Paris en 1849, et les réformés évangéliques se réclament de l’héritage huguenot des Églises du Désert. L’apport américain est réel — les missions baptistes, le pentecôtisme — mais il est tardif et partiel.

Malentendu 2

« Évangélique et protestant, ce sont deux choses. »

Les familles évangéliques de ce document s’inscrivent dans l’histoire issue de la Réforme, et plusieurs unions siègent à la fois à la FPF et au CNEF. « Évangélique » désigne une sensibilité à l’intérieur du protestantisme. Les groupes voisins traités en annexe ont toutefois des trajectoires propres et ne descendent pas tous directement des familles de la Réforme.

Malentendu 3

« Notre Église est la plus fidèle à l’Église primitive. »

Chaque famille a une histoire, des pionniers, des institutions et des bifurcations — y compris la nôtre. Les mouvements diffus comptent souvent plusieurs pionniers plutôt qu’un fondateur unique. Cela ne diminue rien : c’est même la meilleure protection contre l’illusion d’être né directement du livre des Actes.

Malentendu 4

« Les Témoins de Jéhovah sont une Église évangélique. »

Ils partagent des racines historiques avec l’évangélisme américain du XIXe siècle, mais leur rejet de la Trinité les place hors du protestantisme et de ses confessions de foi trinitaires. Connaître leur généalogie évite deux erreurs : les confondre avec nous, ou nier qu’ils viennent de quelque part.

Malentendu 5

« Des influences communes signifient que les Églises sont identiques ou appartiennent à la même organisation. »

Repérer des influences communes ne signifie pas que les Églises sont identiques, ni qu’elles appartiennent toutes à la même organisation. Une proximité historique, théologique ou spirituelle peut exister sans lien juridique, fédératif ou de succession institutionnelle.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202648 / 49

QUESTIONS FRÉQUENTES

Questions fréquentes

Sept questions souvent posées sur les Églises protestantes, avec une réponse courte et la page à lire ensuite.
Les versets sont cités dans la Segond 1910, sauf indication.

Les Témoins de Jéhovah sont-ils protestants ?Racines communes, rupture sur la Trinité

Ni les Églises protestantes ni les Témoins eux-mêmes ne le disent. Ils sont issus des réveils américains du XIXe siècle, mais rejettent la Trinité que confessent toutes les familles protestantes.

Le débat porte souvent sur le prologue de Jean, déjà rendu « et Dieu estoit la parolle » dans la Bible d’Olivétan (1535).

Jean 1.1 · Segond 1910

« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »

Lire l’annexe comparative sur les Témoins de Jéhovah →

Les adventistes sont-ils protestants ?Trinitaires, membres de la FPF

Oui : l’Église adventiste du septième jour confesse la Trinité et elle est membre de la Fédération protestante de France, sans appartenir au CNEF. Elle se distingue par le sabbat et par la place donnée aux écrits d’Ellen White.

Il ne faut pas la confondre avec les Témoins de Jéhovah, autre branche issue du millérisme.

Lire la fiche sur les adventistes →

Que sont les assemblées de Frères ?Dublin 1827, Darby, la Cène au centre

Un mouvement évangélique né à Dublin en 1827, historiquement attaché à la participation des fidèles, à une direction collégiale et à la Cène chaque dimanche ; les pratiques actuelles varient selon les courants, et les CAEF ont assez souvent des pasteurs. Le mouvement s’appuie volontiers sur une promesse de Jésus, ici dans la traduction de Darby lui-même ; la participation de chacun au culte renvoie à 1 Corinthiens 14.26.

Matthieu 18.20 · Darby 1890

« Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

Lire la fiche sur les assemblées de Frères →

Anglicans et protestants : quelle différence ?Héritiers de la Réforme, avec des évêques

Les anglicans font partie des héritiers de la Réforme : ils en reçoivent les convictions avec le Livre de la prière commune (1549) et les Trente-neuf Articles. Ils gardent en même temps des évêques et une liturgie héritée de l’histoire chrétienne.

On y trouve des sensibilités évangéliques, anglo-catholiques et libérales.

Lire la fiche sur les anglicans →

Qu’est-ce que la Bénédiction de Toronto ?Le renouveau de 1994 et le réseau Catch The Fire

Un renouveau charismatique parti le 20 janvier 1994 de l’Église Toronto Airport Vineyard, devenu ensuite le réseau Catch The Fire. Ses participants y voient une visitation du Saint-Esprit ; d’autres, y compris chez les évangéliques, en discutent les manifestations.

Les deux attitudes se réclament du même passage :

1 Thessaloniciens 5.19-21 · Segond 1910

« N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon »

Lire la fiche sur Catch The Fire →

Évangélique et protestant, est-ce la même chose ?Une sensibilité à l’intérieur du protestantisme

Dans le sens retenu ici, les évangéliques font partie du protestantisme, mais tous les protestants ne sont pas évangéliques. « Évangélique » désigne une sensibilité à l’intérieur du protestantisme, pas à côté de lui : les familles évangéliques viennent de l’histoire ouverte par la Réforme, et plusieurs unions siègent à la fois à la FPF et au CNEF.

Lire le malentendu 2, plus haut sur cette page →

Quelles sont les différentes Églises protestantes ?Des familles formées par couches

Luthériens, réformés, anglicans, mennonites, baptistes, méthodistes, libristes, Frères, pentecôtistes et d’autres familles, chacune avec sa couleur dans le parcours.

Leur identité s’est formée par couches : Réforme, réveils, missions, migrations, unions d’Églises.

Lire la page sur les familles protestantes →

Vous pouvez refermer chaque question et poursuivre le parcours.

ADD
Assemblées de Dieu de France (pentecôtistes, 1932)
AEEBLF
Association évangélique d’Églises baptistes de langue française
AEEMF
Association des Églises évangéliques mennonites de France
CAEF
Communautés et assemblées évangéliques de France (Frères larges)
CÉPÉE
Communion d’Églises protestantes évangéliques (pôle évangélique de la FPF ; membre du CNEF)
CMFI / CMCI
Christian Missionary Fellowship International / Communauté missionnaire chrétienne internationale (mouvement fondé par Z. T. Fomum ; voir les annexes)
CNEF
Conseil national des évangéliques de France (2010)
CTF
Catch The Fire (réseau néo-charismatique international, Toronto ; Lyon depuis 2017)
EPUdF
Église protestante unie de France (réformés + luthériens, 2013)
ERNC
Églises du réseau nouvelles connexions (pôle évangélique de la FPF ; membre du CNEF)
FEEBF
Fédération des Églises évangéliques baptistes de France
FLTE
Faculté libre de théologie évangélique (Vaux-sur-Seine, 1965)
FPF
Fédération protestante de France (1905)
PCC
Presbyterian Church in Cameroon, Église presbytérienne du Cameroun (voir les annexes)
UEEAF
Union des Églises évangéliques arméniennes de France (pôle évangélique de la FPF ; membre du CNEF)
UEEL
Union des Églises évangéliques libres (libristes, 1849)
UEEMF
Union de l’Église évangélique méthodiste de France
UEPAL
Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (luthériens et réformés, 2006)
UNEPREF
Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

De la synthèse historique aux annexes contemporaines

La frise s’arrête. La mission continue.

Le glossaire clôt le parcours principal. Les annexes quittent maintenant la vue d’ensemble pour suivre trois trajectoires et trois œuvres dont l’influence ou l’activité se prolonge aujourd’hui. Leur présence ici n’en fait ni des modèles équivalents, ni un échantillon exhaustif du protestantisme contemporain.

Zacharias Tanee Fomum · 1945–2009

CMFI · CMCI

Un fondateur décédé dont le mouvement missionnaire, les communautés et les écrits continuent d’agir aujourd’hui.

Mouvement missionnaire et implantation d’Églises

Peter Horrobin · né en 1943

Ellel Ministries

Un fondateur britannique ayant transmis la direction internationale ; le réseau poursuit ses activités de formation et de ministère de prière.

Œuvre paraecclésiale internationale

Cyril Cerdan

Hopesland Ministries

Un missionnaire et formateur français lié à une association déclarée et à un réseau de communautés actuellement actif.

Association, ministère et réseau de communautés

Une tâche encore inachevée

L’évangélisation du monde contemporain reste à poursuivre.

Dans la perspective missionnaire qui anime ces œuvres, l’annonce de l’Évangile n’appartient pas seulement au passé. Des langues, des territoires, des générations et des milieux sociaux demeurent encore peu atteints, ou reçoivent un message chrétien difficilement accessible ou mal compris. « Achever l’évangélisation » ne signifie ni conquérir ni uniformiser : il s’agit de rendre l’Évangile accessible et intelligible, d’en témoigner avec respect, et de l’incarner par la formation, l’envoi, le service et l’attention aux plus fragiles.

Le fil ouvert par au début du dossier revient ici : l’histoire racontée n’est pas seulement une mémoire, mais aussi une responsabilité présente. Les annexes montrent trois réponses particulières à cette responsabilité, sans prétendre résumer toutes les formes actuelles de la mission.

Annexe · hors série principale

Trois trajectoires et trois œuvres contemporaines

Les onze annexes qui suivent documentent séparément Zacharias Tanee Fomum et la CMFI–CMCI, Peter Horrobin et Ellel Ministries, puis Cyril Cerdan et Hopesland Ministries. Ce rapprochement éditorial sert la comparaison ; il n’établit entre eux aucune filiation ni affiliation institutionnelle.

Annexe 1 / 11 · hors numérotation des pages

Frise — Zacharias Tanee Fomum et la CMFI

Complément de la frise · Cameroun · XXe–XXIe siècle

Zacharias Tanee Fomum
et la naissance de la CMFI

Une trajectoire camerounaise à la croisée du presbytérianisme, du réveil évangélique, d’un milieu pentecôtiste et d’un projet missionnaire autonome.

Naissance

20 juin, au Cameroun, dans une famille presbytérienne ; son père Solomon est pasteur.

biographie affiliée
Conversion personnelle

Il date sa « nouvelle naissance » du 13 juin, à onze ans.

témoignage CMFI
Consécration

Il situe au 1er octobre son engagement total au service de Jésus-Christ.

témoignage CMFI
Saint-Esprit

Il rapporte un remplissage particulier du Saint-Esprit le 24 octobre.

témoignage CMFI
Doctorat

Doctorat de chimie organique à Makerere University.

carrière attestée
Yaoundé et CMFI

Professeur à l’Université de Yaoundé (actuelle Yaoundé I) ; fondation de la CMFI le 12 mai selon le mouvement.

sources croisées
Du réveil à la rupture

Ancien de la paroisse anglophone de Djoungolo (Yaoundé), il y lance en 1976 un réveil « Born-again » et rebaptise par immersion. La PCC l’exclut ensuite de ses cultes ; il parle d’excommunication.

étude universitaire
Full Gospel Mission

Il y dirige l’évangélisation pendant sept ans, puis la quitte en 1985 pour fonder son propre mouvement. Aucune exclusion n’est rapportée.

étude universitaire
D.Sc.

Doctor of Science décerné par Durham University, selon sa biographie scientifique.

universitaire
Décès

14 mars, à 63 ans. Le mouvement missionnaire lui survit.

date confirmée
Tradition réformée→Presbytérianisme camerounais, jusque vers 1978→Full Gospel Mission, 1978–1985→CMFI autonome

Lecture : la ligne du bas décrit un itinéraire institutionnel simplifié, non une filiation mécanique. Une recherche universitaire situe Fomum d’abord dans la Presbyterian Church in Cameroon, puis à la Full Gospel Mission (1978–1985), avant la création de son propre mouvement à Yaoundé. Le détail de cette rupture — un réveil « Born-again » lancé en 1976 dans la paroisse anglophone de Djoungolo (aujourd’hui congrégation PCC de Bastos), puis l’interdiction de participer aux cultes de la PCC après des rebaptêmes par immersion — est établi par la thèse de Robert Mbe Akoko sur le pentecôtisme camerounais (Leiden, 2007, p. 147-149) ; Fomum en donne sa propre version dans La Révélation : une nécessité, où il écrit avoir été « excommunié de la dénomination de mon père » source interne. Les dates de fondation diffèrent : la CMFI retient le 12 mai 1975, A. Ukah indique 1978, et Akoko situe la fondation en 1985, à la sortie de la Full Gospel Mission. La date de 1975 désigne sans doute un premier groupe, l’autonomie institutionnelle étant plus tardive.

Annexe 2 / 11 · hors numérotation des pages

Galerie — Zacharias Tanee Fomum

Galerie des portraits · Afrique centrale · Cameroun

1945–2009 · scientifique camerounais, prédicateur, auteur et fondateur de la Christian Missionary Fellowship International (CMFI), appelée Communauté Missionnaire Chrétienne Internationale (CMCI) en français.

Scientifiquechimie organique, recherche et formation universitaire
Évangélisteconversion, repentance et annonce de l’Évangile
Formateurdiscipulat reproductif, prière, jeûne et mission
Auteurspiritualité, sanctification et combat spirituel

Prudence documentaire : la carrière universitaire et les dates publiques sont corroborées par des sources académiques ou contemporaines. Les épisodes intérieurs et plusieurs grands totaux proviennent surtout de la CMFI ou de ministères proches ; ils sont donc présentés ici avec leur statut de source.

Annexe 3 / 11 · hors numérotation des pages

Fiche de présentation — CMFI / CMCI

Annexes contemporaines · fiche de présentation

CMFI / CMCI

Le mouvement naît à Yaoundé en 1975, date retenue par la CMFI, autour de Zacharias Tanee Fomum. Il combine un cœur évangélique, une spiritualité pentecôtiste-charismatique et une stratégie missionnaire de discipulat.

Accents théologiques et pratiques

Convictions et vie chrétienne

Conversion et repentanceNouvelle naissance personnelle, foi en Jésus-Christ et rupture avec le péché.

Sainteté exigeanteObéissance radicale, consécration, discipline personnelle et « mort à soi ».

Prière et pratiques spirituelles

Prière et jeûnePratiques intensives considérées comme centrales pour la vie chrétienne et la mission.

Saint-Esprit et missionRemplissage, puissance pour le témoignage, évangélisation et combat spirituel.

Formation et discipulat

Le mouvement est organisé pour former des disciples et implanter des Églises. Le discipulat s’inscrit dans une vie communautaire et le développement d’assemblées locales.

Mission et vie d’Église

La CMFI — ou CMCI dans l’espace francophone — se présente comme un mouvement international d’implantation d’Églises. Les statistiques mondiales actuelles sont auto-déclarées et changent ; elles ne sont pas utilisées ici comme preuve historique.

Origines et organisation

Racines familiales

Milieu presbytérien camerounais : Fomum grandit dans la famille d’un pasteur presbytérien et appartient d’abord à cette Église.

Passage pentecôtiste

Une recherche universitaire le situe ensuite à la Full Gospel Mission (1978–1985), contexte pentecôtiste classique important pour comprendre son langage sur le Saint-Esprit.

Fondation autonome

Il ne reprend pas simplement une dénomination étrangère : il crée à Yaoundé une œuvre camerounaise propre, structurée autour de la prière, du discipulat et de la mission.

Appellations du mouvement

CMFI · anglais : Christian Missionary Fellowship International — nom anglais et sigle international du mouvement.

CMCI · français : Communauté Missionnaire Chrétienne Internationale — appellation française employée dans les pays francophones.

À retenir : CMFI et CMCI ne désignent pas deux mouvements différents. Ce sont les formes anglaise et française du même mouvement fondé par Zacharias Tanee Fomum ; l’usage du sigle varie selon la langue et la branche locale.

Positionnement dans le paysage chrétien

Un mouvement évangélique de réveil, africain et missionnaire, de sensibilité pentecôtiste-charismatique. Il ne descend pas directement d’Azusa Street ou des Assemblées de Dieu : sa généalogie immédiate passe par le presbytérianisme camerounais, un passage de sept ans par la Full Gospel Mission, puis une fondation indépendante.

Repères de lecture

Une étude de terrain publiée sur le pentecôtisme camerounais rapporte qu’au milieu des années 2000 la CMFI rejetait explicitement l’étiquette d’« Évangile de prospérité ». Cette observation datée ne suffit pas, à elle seule, à décrire toutes les assemblées actuelles.

Consulter les sources de ce dossier

Annexe 4 / 11 · hors numérotation des pages

Récapitulatif — influences et position de Fomum

Récapitulatif · filiation, influences, position

De quelle influence
vient Fomum ?

Il faut distinguer la lignée institutionnelle de ses lectures et modèles personnels. Un auteur peut être influencé par quelqu’un sans appartenir à son Église ni recevoir de lui une succession officielle.

Lignée d’Église

Presbytérianisme camerounais → Full Gospel Mission → CMFI autonome. C’est le trajet le mieux documenté par une étude universitaire indépendante. Le premier passage n’est pas un simple départ : la Presbyterian Church in Cameroon interdit ses activités après qu’il eut rebaptisé par immersion des membres de cette Église, et Fomum parle lui-même d’excommunication. Le second, en revanche, est un départ volontaire en 1985, sans mesure disciplinaire attestée.

Influence majeure déclarée

Watchman Nee est présenté dans le livre autobiographique consacré à ses influences comme son « père spirituel » et son influence principale : vie intérieure, croix, brisement de l’homme extérieur, consécration et vie d’Église.

Réveil occidental

John Wesley, Charles Finney et Charles Spurgeon sont explicitement cités parmi les influences occidentales : sainteté, conversion, réveil, prédication et évangélisation.

Prière

E. M. Bounds est associé par la CMFI à un tournant de 1970, notamment par la lecture de Power Through Prayer : la prière devient une discipline structurante et une marque du mouvement.

Réveil africain

Festo Kivengere, figure du réveil évangélique d’Afrique de l’Est, est également nommé parmi les influences africaines. Cela inscrit Fomum dans une histoire de réveil qui n’est pas seulement importée d’Europe ou d’Amérique.

Conclusion historique et théologique

Fomum appartient nettement à l’évangélisme par l’autorité biblique, la conversion, la croix et la mission ; il relève aussi d’une sensibilité pentecôtiste-charismatique par son expérience du Saint-Esprit et son passage à la Full Gospel Mission. Sa synthèse propre est particulièrement marquée par Watchman Nee, le réveil de sainteté, la prière intensive et un discipulat missionnaire très exigeant.

Comparer bibliquement : ses appels à la conversion, à la prière, au jeûne, à la sainteté et à la mission ont de nombreux parallèles bibliques. L’examen doit ensuite porter sur la manière dont l’autorité pastorale, les vœux, les pratiques ascétiques, le combat spirituel et les récits d’expériences sont encadrés par le Nouveau Testament — sans confondre intensité spirituelle et preuve automatique de justesse.

Annexe 5 / 11 · hors numérotation des pages

Frise — Peter Horrobin et Ellel Ministries

Complément de la frise · Angleterre · XXe–XXIe siècle

Peter Horrobin
et la naissance d’Ellel Ministries

Une trajectoire britannique qui relie formation scientifique, édition évangélique, prière pour la restauration des personnes et création d’un ministère international non confessionnel.

Naissance

Novembre, à Bolton dans le Lancashire, au sein d’un foyer chrétien évangélique.

biographie de l’auteur
Oxford

Fin de ses études de chimie et de recherches en microbiologie à Christ Church, Oxford.

biographie de l’auteur
Vision de restauration

En restaurant une Alvis ancienne, il rapporte avoir reçu l’appel à se consacrer aux « vies brisées ».

récit autobiographique
The Christian Trust

Création de l’organisme caritatif destiné à porter un futur ministère de guérison et d’évangélisation.

biographie de l’auteur
Mission England

Engagement régional dans la campagne de Billy Graham et contribution à l’origine du recueil Mission Praise.

biographie de l’auteur
Ellel Grange

Achat du domaine le 31 octobre ; ouverture du premier centre et naissance institutionnelle d’Ellel Ministries.

site officiel Ellel
Ellel France

Création de l’association Ellel Ministries France à Saint-Laurent-du-Pont.

RNA · Sirene
Transmission

Après trente-six ans, Peter Horrobin quitte la direction internationale d’Ellel Ministries.

biographie actualisée
Évangélisme britannique→Vision et prière · 1970→The Christian Trust · 1977→Ellel Ministries · 1986

Lecture : la ligne du bas décrit un itinéraire personnel et institutionnel, non une nouvelle dénomination protestante. Le récit de l’appel de 1970 appartient au témoignage de Peter Horrobin et d’Ellel ; l’achat d’Ellel Grange en 1986 et la structure française de 2011 sont des repères institutionnels distincts.

Annexe 6 / 11 · hors numérotation des pages

Galerie — Peter Horrobin

Galerie des portraits · Évangélisme britannique

Né en 1943 · scientifique de formation, enseignant, éditeur, auteur et fondateur d’Ellel Ministries, qu’il a dirigé internationalement jusqu’en 2022.

Scientifique et enseignantchimie, microbiologie et enseignement supérieur
Éditeurédition technique, librairie et compilation de recueils
FondateurEllel Ministries et développement international de centres
Auteur et formateurouvrages et enseignements sur guérison, délivrance et discipulat

Prudence documentaire : les dates de formation, de carrière, de fondation et de transmission sont publiquement situables. Le récit de l’appel reçu en restaurant l’Alvis appartient au témoignage spirituel de Peter Horrobin et aux sources officielles d’Ellel ; il est présenté ici comme tel. La photographie provient de la page biographique officielle d’Ellel UK.

Annexe 7 / 11 · hors numérotation des pages

Fiche de présentation — Ellel Ministries

Annexes contemporaines · fiche de présentation

Ellel Ministries

Fondé dans le nord-ouest de l’Angleterre par Peter Horrobin, Ellel se définit comme un ministère chrétien international non confessionnel qui cherche à servir l’ensemble du Corps du Christ.

Accents théologiques et pratiques

Convictions et vie chrétienne

L’enseignement sur le Royaume de Dieu et le service de l’ensemble du Corps du Christ structurent la présentation du ministère, qui se définit comme chrétien international non confessionnel.

Prière et pratiques spirituelles

Guérison intérieure, prière, délivrance, restauration, discipulat et formation. Ces termes décrivent la doctrine et la pratique revendiquées par Ellel ; ils ne constituent pas une évaluation clinique.

Formation et discipulat

Former à la relation d’aide et à l’accompagnement, accueillir et soutenir des personnes en détresse, et promouvoir des actions de bienfaisance et de formation, en lien avec Ellel Ministries International.

Mission et vie d’Église

Ellel affirme travailler avec et pour des Églises de plusieurs dénominations. Son rôle déclaré est celui d’une œuvre de service et de formation, non celui d’une union d’Églises.

Origines et organisation

Origine

Le ministère commence en 1986 à Ellel Grange, près de Lancaster. Le siège international demeure associé à ce centre anglais.

Fonction principale

Accueillir, enseigner sur le Royaume de Dieu, proposer un ministère de prière aux personnes en demande et former des chrétiens à l’accompagnement.

International

Un réseau de centres et d’équipes dans plusieurs pays, reliés à Ellel Ministries International. Le nombre et la liste des implantations sont des données évolutives.

En France

Ellel Ministries France est une association déclarée, créée le 25 juillet 2011.

Positionnement dans le paysage chrétien

Une organisation chrétienne paraecclésiale et interconfessionnelle de formation et de ministère de prière. « Paraecclésiale » signifie qu’elle agit à côté des Églises et à leur service ; cela ne veut dire ni « Église locale », ni « dénomination », ni « fédération d’Églises ».

Repères de lecture

Les expressions « guérison » et « délivrance » sont ici rapportées comme le vocabulaire religieux propre au ministère. Elles ne désignent pas un service de santé et ne remplacent pas un suivi médical, psychologique ou social professionnel.

Consulter les sources de ce dossier

Annexe 8 / 11 · hors numérotation des pages

Comparaison de statut — Ellel, CMFI / CMCI et Hopesland

Proximité spirituelle et formes d’organisation

Trois œuvres évangéliques,
des statuts distincts

La prière, le discipulat et la mission apparaissent dans la présentation d’Ellel Ministries, de la CMFI–CMCI et de Hopesland Ministries. Leurs fonctions et leurs formes d’organisation restent distinctes.

CritèreEllel MinistriesCMFI / CMCIHopesland Ministries
Nature Ministère chrétien international non confessionnel ; œuvre paraecclésiale de service. Mouvement évangélique missionnaire autonome, organisé pour former des disciples et implanter des Églises. Association chrétienne portant un ministère missionnaire et de formation, ainsi qu’un réseau de communautés partenaires.
Fonction Enseignement, formation, retraites, accompagnement et ministère de prière. Évangélisation, discipulat, vie communautaire et développement d’assemblées locales. Évangélisation, missions, aide humanitaire, formations bibliques et discipulat.
Public Des chrétiens venant d’Églises diverses ; Ellel affirme travailler avec les Églises locales. Des membres, disciples, responsables et assemblées rattachés au mouvement selon ses structures nationales et locales. Des participants aux formations et rencontres, ainsi que les communautés partenaires présentées par l’œuvre.
Appartenance Participer à une formation ou recevoir un accompagnement n’établit pas, à lui seul, une appartenance ecclésiale. L’appartenance se rapporte normalement à une communauté ou à une structure du mouvement. Le site dit réunir des communautés démarrées ou formées au travers du ministère. Participer à une formation ne suffit pas à établir une affiliation.
France Association déclarée, créée le 25 juillet 2011. Cette forme juridique soutient une activité de ministère et de formation. Les structures juridiques peuvent varier selon les pays et les assemblées ; le statut religieux pertinent reste celui d’un mouvement d’implantation d’Églises. Association déclarée active depuis le 27 février 2025.
Trois modes d’organisation

Ellel accompagne des personnes issues de plusieurs Églises ; la CMFI–CMCI constitue et développe ses propres communautés ; Hopesland associe un ministère de mission et de formation à un réseau de communautés partenaires.

La formation annoncée par Hopesland avec un responsable d’Ellel constitue une coopération ponctuelle ; elle ne démontre ni fusion, ni affiliation, ni identité doctrinale complète.

Note de méthode : il faut distinguer le statut juridique d’une entité locale, sa fonction religieuse et son éventuelle affiliation. Une association déclarée peut soutenir des activités très différentes ; cette forme juridique ne suffit donc pas à établir un même statut ecclésial pour ces trois œuvres.

Annexe 9 / 11 · hors numérotation des pages

Frise — Cyril Cerdan et Hopesland Ministries

Complément de la frise · France · XXIe siècle

Cyril Cerdan
et le développement de Hopesland

Une trajectoire missionnaire française qui associe témoignage de conversion, formation biblique, action humanitaire, pratiques charismatiques et constitution récente d’une association et d’un réseau de communautés.

Parcours personnel

La biographie officielle évoque un parcours personnel difficile avant sa conversion, rapporté dans son témoignage.

témoignage officiel
Conversion

Il dit avoir rencontré le Christ et avoir été libéré de ses addictions et de ses « liens » spirituels.

témoignage officiel
Formation et appel

Le site mentionne une formation théologique, une reconnaissance dans le ministère et un appel à « équiper les saints ».

site Hopesland
Missions humanitaires

Il est présenté comme missionnaire engagé dans l’action humanitaire et président d’Empreinte d’Espoir.

sites officiels
Association Hopesland

Hopesland Ministries est active depuis le 27 février comme association déclarée, RNA W261006729.

répertoire Sirene
Réseau de communautés

Hopesland dit réunir des communautés partenaires ; Cyril Cerdan est aussi présenté comme pasteur de Parole de Vie.

site Hopesland
Formations et missions

Le calendrier mentionne France, Suisse, Luxembourg et La Réunion, avec enseignements, guérison et délivrance.

calendrier officiel
Coopération avec ELLEL

Une formation mensuelle est annoncée à Saint-Laurent-du-Pont avec Patrick Chambron et Cyril Cerdan.

calendrier officiel
Conversion revendiquée · 2010→Missions humanitaires · dès 2014→Association Hopesland · 2025→Réseau et formations · 2026

Lecture : cette frise distingue le témoignage spirituel de Cyril Cerdan, les affirmations doctrinales de Hopesland et les repères administratifs vérifiables. Le titre d’« apôtre » appartient à la communication du ministère ; il ne correspond pas à un statut juridique ni à une fonction reconnue par l’ensemble des Églises protestantes.

Annexe 10 / 11 · hors numérotation des pages

Galerie — Cyril Cerdan

Galerie des portraits · Évangélisme charismatique français

Missionnaire principal de Hopesland Ministries, formateur et responsable de réseau ; sa communication emploie également le titre d’« apôtre », présenté ici comme un titre interne au ministère.

Missionnaireévangélisation, campagnes et actions humanitaires en France et dans les nations
Pasteurprésenté par Hopesland comme pasteur principal de Parole de Vie
Formateurdiscipulat, Bible, prophétie, guérison et délivrance
« Apôtre »titre revendiqué dans la communication du réseau, sans portée administrative générale

Prudence documentaire : le parcours antérieur à 2010, la conversion, la délivrance et l’appel relèvent du récit autobiographique diffusé par Hopesland. L’existence juridique de l’association depuis 2025 et le calendrier public sont vérifiables séparément. La photographie provient du site de la Rencontre Foi, Guérison et Délivrance 2025.

Annexe 11 / 11 · hors numérotation des pages

Fiche de présentation — Hopesland Ministries

Annexes contemporaines · fiche de présentation

Hopesland Ministries

Hopesland — et non « Homeland » — se présente comme une œuvre chrétienne missionnaire et humanitaire voulant « impacter les nations par l’Évangile », tout en réunissant un réseau de communautés partenaires.

Accents théologiques et pratiques

Convictions et vie chrétienne

Salut par grâce au moyen de la foi, Jésus-Christ comme unique médiateur, baptême par immersion, ouverture aux dons du Saint-Esprit et recours aux « cinq ministères » d’.

Prière et pratiques spirituelles

Guérison, délivrance, prophétie, « signes, miracles et prodiges », formation de disciples et dimension dite apostolique. Il s’agit du vocabulaire religieux revendiqué par l’œuvre.

Formation et discipulat

Évangélisation, missions, aide humanitaire, formations bibliques, discipulat et organisation de réunions en France et à l’étranger.

Mission et vie d’Église

Le site dit rassembler des communautés partenaires démarrées ou formées au travers du ministère sous le nom Hopesland. L’association et le réseau religieux sont donc liés, mais ne doivent pas être confondus avec une fédération protestante.

Origines et organisation

Statut administratif

Association déclarée active depuis le 27 février 2025.

Orientation

Le classement descriptif le plus proche est évangélique charismatique, à accent pentecôtisant et apostolique-prophétique. C’est une analyse de ses croyances et pratiques publiées, non l’affirmation d’une affiliation dénominationnelle officielle.

Calendrier 2026

Le programme publié mentionne notamment Saint-Laurent-du-Pont, Le Creusot, plusieurs lieux en Suisse, le Luxembourg et La Réunion, ainsi que des formations en présence ou à distance.

Lien avec ELLEL

Hopesland annonce une formation biblique mensuelle à Saint-Laurent-du-Pont avec Patrick Chambron, présenté comme responsable d’ELLEL Ministries, et Cyril Cerdan. Cette coopération ponctuelle ne démontre ni fusion, ni affiliation, ni identité doctrinale complète.

Positionnement dans le paysage chrétien

Une association chrétienne portant un ministère missionnaire et de formation, ainsi qu’un réseau de communautés à identité évangélique charismatique. Hopesland n’est pas, d’après les éléments consultés, une union nationale d’Églises comparable à la FPF ou au CNEF.

Repères de lecture

Les termes « guérison », « délivrance », « prophétie », « miracles » et « apôtre » sont rapportés comme le vocabulaire de Hopesland. Ils ne constituent ni une validation médicale des témoignages publiés, ni une appréciation de l’autorité spirituelle revendiquée. Toute situation de santé requiert un accompagnement professionnel approprié.

Consulter les sources de ce dossier

Dernier repère avant les sources

Rassembler avec le Christ

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. »

Cette parole n’autorise pas à distribuer hâtivement des verdicts sur les personnes ou les œuvres présentées. Dans son contexte, Jésus appelle chacun à se déterminer devant son action. Placée ici, elle rappelle que l’enjeu ultime n’est ni le prestige d’un nom, ni l’extension d’une organisation, mais le discernement de ce qui conduit réellement vers le Christ, rassemble autour de lui et porte du fruit dans la vérité, l’amour et le service. Les sources qui suivent donnent au lecteur les moyens de poursuivre ce discernement.

Sources

Les repères de ce dossier s’appuient sur les sites officiels des unions et mouvements présentés, sur des travaux universitaires et sur le Musée virtuel du protestantisme. Certaines dates de fondations locales peuvent varier de quelques années selon les sources. Les cartes ont été établies à partir de données géographiques du domaine public ; les positions des foyers sont approximatives. Lorsqu’un mouvement se raconte lui-même, la recherche universitaire permet de mesurer l’écart entre le récit interne et l’histoire documentée : les deux sont utiles, elles ne se lisent pas de la même manière.

Sources de l’annexe hors série

Sources des familles et des rapprochements

Iconographie des médaillons

Pour plusieurs figures anciennes, aucun portrait fait de leur vivant n’est connu ou n’a été retrouvé : les médaillons le signalent par une courte légende. Références consultées le 20 octobre 2026 :

Références historiques de fond

  • Sébastien Fath, Une autre manière d’être chrétien en France. Socio-histoire de l’implantation baptiste (1810-1950), Labor et Fides.
  • Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime (dir.), La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle, Labor et Fides.
  • André Encrevé (dir.), Les protestants (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine), Beauchesne.
  • Patrick Cabanel, Histoire des protestants en France, XVIe-XXIe siècle, Fayard.
  • Jean Baubérot, Histoire du protestantisme, PUF, « Que sais-je ? ».
  • Musée virtuel du protestantisme — notices thématiques et biographiques.

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